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Galeries : nouveaux lieux, nouvelles mœurs ?

Magali Lesauvage 4 janvier 2013

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Nous avons tous en tête le modèle de la galerie d’art contemporain traditionnelle – ou plutôt celui qui prévaut depuis les années 1960, à savoir le white cube minimal doté d’une belle adresse dans un quartier branché d’une grande cité. Or, depuis quelques années, de nouveaux types de lieux accueillent eux aussi de l’art à vendre. Typologie.

En appartement

Vue de l’exposition de Thomas Lélu à Appartement/galerie Dakota.

Le fait n’est pas nouveau, mais la crise – et l’augmentation significative des loyers dans les mégalopoles – a accéléré le phénomène. De plus en plus de galeries se créent chez des particuliers, tandis que d’autres, qui autrefois avaient une vitrine sur rue, ne peuvent plus assumer des baux faramineux et préfèrent se replier dans des espaces privés. On cite souvent l’exemple d’Emmanuel Perrotin qui, âgé d’une vingtaine d’années, ouvre sa première galerie dans un appartement – avant de connaître le succès que l’on sait. Mais c’est oublier les exemples plus anciens tel celui d’Ambroise Vollard, qui au début du XXe siècle expose chez lui Picasso, Gauguin ou Renoir.

Aujourd’hui, que ce soit à New York, Paris, Londres ou Berlin, de plus en plus de jeunes entrepreneurs passionnés d’art montent des expos chez eux – dans le but délibéré de vendre les œuvres d’artistes qu’ils ont repérés, et non comme simple événement mondain. S’intégrant dans de réels lieux de vie transformés en sortes d’« appartements témoins » avant de rejoindre l’intérieur d’un collectionneur, les œuvres se mêlent aux objets du quotidien, au point, comme le titrait le New York Times en 2009, que l’on se demande parfois : « Is it art or their shoes? ». On citera à titre d’exemples, à Paris, la galerie Nicolas Hugo ou Appartement.

Une ambiance très « salon », à la fois select et démocratique, à même de séduire les jeunes acheteurs. Un peu à la manière des « concerts de poche », gratuits mais destinés à un club restreint, cela devient une véritable tendance, déclinée depuis deux ans en Expos à la maison (« un artiste / un hôte / des invités ») par le collectif From Paris. Bientôt chez vous ?

Dans un hangar

La galerie Gagosian au Bourget © Thomas Lannes.

« Des murs ! Des murs ! », réclamaient les peintres au tournant du XXe siècle. « De l’espace ! De l’espace ! », demandent aujourd’hui les galeristes, auxquels n’a pas échappé la tendance d’un certain art contemporain à adopter des proportions confinant parfois au gigantisme – et dont la manifestation Monumenta, au Grand Palais, ou encore la section Unlimited de la foire Art Basel font chaque année (ou presque) la démonstration.

Des œuvres monumentales pour des budgets colossaux, c’est ce que vous trouverez en vous déplaçant en certains lieux de la banlieue parisienne. Sauf exceptions (comme la Douane ouverte par Chantal Crousel dans des entrepôts du Xe arrondissement), la ville engoncée dans son boulevard périphérique n’offre pas de larges espaces vacants comme on peut en trouver à Berlin, New York ou Londres. Deux mille mètres carrés de surface d’expo et dix mètres sous plafond à Pantin, dans le nord-est de Paris, c’est ce qu’il faut à la galerie Thaddaeus Ropac pour exposer les toiles grands formats d’Anselm Kiefer. Mille sept cent mètres carrés pour la Gagosian Gallery au Bourget, c’est ce qui est nécessaire pour accueillir les toiles grands formats d’Anselm Kiefer (bis), quasiment sur le tarmac de l’aéroport. Car, on l’aura bien compris, l’idée n’est pas ici de délocaliser l’art dans les quartiers difficiles (quelle drôle d’idée !), mais plutôt de se rapprocher des collectionneurs les plus fortunés en les accueillant au marchepied de leur jet privé.

À la campagne

Hauser & Wirth Somerset. Courtesy Hauser & Wirth © Aaron Schuman.

« De l’air ! De l’air ! », osent même certains. Fondée en 1990 dans une ancienne salle de cinéma perchée au sommet du somptueux village toscan de San Gimignano, la Galleria Continua expose les artistes contemporains les plus cotés – Ai Weiwei, Daniel Buren, Kendell Geers… Il faut sinuer au creux de vallées merveilleuses avant d’arriver dans ce petit paradis médiéval hérissé de tours carrées, dont la part la plus incongrue n’est pas d’y trouver des fresques de Filippo Lippi ou Benozzo Gozzoli, mais plutôt des installations monumentales de Michelangelo Pistoletto ou Anish Kapoor.

Exposer (et vendre) de l’art « haut de gamme » dans un coin relativement reculé de la campagne fut un pari plutôt risqué, mais largement réussi, comme le prouve l’inauguration par Continua, en 2005, d’un vaste espace d’expo dans un quartier industriel de Pékin, puis en 2007 du Moulin, ancienne usine située à Boissy-le-Châtel, à une soixantaine de kilomètres de Paris.

Dans un style plus cottage, la galerie zurichoise Hauser & Wirth, qui représente des artistes comme Roni Horn ou Anri Sala, et exploite déjà des succursales à Londres et New York, va inaugurer au printemps prochain un nouvel espace dans une ancienne ferme à Bruton, au cœur de la campagne anglaise du Somerset. Avec pour but de « susciter un nouveau public, travailler sur le plan local », et développer un système éducatif, explique au Quotidien de l’Art sa directrice, Alice Workman. Et sans doute aussi, avec l’intention de mieux vendre.

ANSELM KIEFER - MORGENTHAU PLAN

18/10/2012 > 16/03/2013

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Exposition terminée
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