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L’Apoxyomène, la beauté grecque d’un chef-d’œuvre croate

Magali Lesauvage 28 décembre 2012

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Le musée du Louvre présente pour quelques mois un chef-d’œuvre rarissime de l’art grec antique, le bronze de l’Apoxyomène croate, repêché dans l’Adriatique il y a une quinzaine d’années. Sa beauté calme révèle l’un des sommets de l’histoire de l’art occidental.

Apoxyomène, IIe siècle av. J.-C., Croatie, Mali Lošinj, Palais Kvarner © Ministère de la Culture croate – Institut de Restauration.

Sa chevelure courte se diffracte en mèches épaisses accrochant la lumière, qui vient s’étaler sur la nuque nue, tendue au regard. Le nez est droit, les yeux vides, l’expression calme et concentrée. Une ombre de sourire atténue la sévérité de ce visage aux proportions trop parfaites. On devine sur les lèvres entrouvertes une trace de polychromie ancienne, du cuivre rosé qui tranche délicatement avec le vert émeraude du bronze, et que l’on retrouve sur ses mamelons. La tête a été retrouvée détachée du corps.

Ce corps est intégralement nu, chaque muscle (obliques de l’abdomen, trapèzes, grands fessiers…) est marqué, mais la silhouette n’est pas massive, les saillies sont nettes et d’une grande finesse. La jambe gauche est soulevée, le pied décollé du sol. La tête penchée, légèrement orientée vers la jambe, regarde vers les mains, qui accomplissent au-dessus de la cuisse un geste énigmatique. L’instrument que l’athlète utilise a disparu : il s’agit d’un strigile, sorte de racloir en forme de S utilisé pour éliminer l’huile dont il s’est enduit le corps, et la poussière qui le recouvre après l’effort. Le jeune homme est saisi dans un moment intime, de recueillement et d’hédonisme.

L’Apoxyomène de Croatie © Musée du Louvre, 2012, Cécile Vaullerin et Nino Keshelava.

La sculpture représente un « Apoxyomène » (apoxyo en grec ancien signifiant « racler »), dont le modèle original a peut-être été conçu par le sculpteur grec Lysippe – le type d’Apoxyomène le plus connu est celui sculpté par ce même artiste au IVe siècle av. J.-C., dont les musées du Vatican conservent une copie en marbre.

L’histoire de l’Apoxyomène croate rejoint celles des grandes découvertes de trésors marins. Repéré par un plongeur belge en 1996 dans la mer adriatique, au large de l’île croate de Lošinj, à quarante-cinq mètres de profondeur, le grand bronze d’1,92 mètres de hauteur est dans un état de conservation exceptionnel. Daté du IIe siècle avant notre ère, il s’agit sans doute d’une copie d’époque romaine ou hellénistique d’un bronze original datant du IVe siècle av. J.-C. Elle a été remontée à la surface par les archéologues croates en 1999 et a bénéficié d’une restauration méticuleuse.

Apoxyomène, IIe siècle av. J.-C., Croatie, Mali Lošinj, Palais Kvarner © Ministère de la Culture croate – Institut de Restauration.

La voici pour quelques mois (jusqu’au 25 février 2013) exposée au Louvre, dans la rotonde de Mars, vestibule du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines (voir les photos de son installation sur la page Facebook du musée) – un prêt du ministère de la Culture croate, dans le cadre de l’année de la Croatie en France. Préservé grâce au naufrage de la cargaison romaine qui le transportait, ce rare bronze subsistant de la période antique – la plupart ont été fondus pour produire monnaie, armes ou outils – est un chef-d’œuvre d’harmonie, dans lequel on retrouve la « noble simplicité et la calme grandeur », qui selon le théoricien de l’art Winckelmann est l’essence de l’art grec. C’est aussi le souvenir d’une Europe réunie par un standard esthétique à l’excellence rarement atteinte depuis, et qui allait influencer les arts pour deux millénaires. Situé à l’épicentre chronologique et géographique des collections du Louvre, l’Apoxyomène croate symbolise l’axe centrifuge de toute une civilisation.

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