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La Chapelle Sixtine mord la poussière

Laura Heurteloup 26 décembre 2012

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Les monuments et témoignages de l’Histoire subissent à cause de leur succès touristique de nombreux ravages, mettant en danger leur conservation. Depuis peu, la Chapelle Sixtine a fait son entrée sur cette triste liste des patrimoines en danger. En cause, trop de visiteurs remuant la poussière et diffusant un dioxyde de carbone nocif pour l’ensemble de fresques, bijou de la Renaissance. Le Vatican envisage une solution drastique.

La Chapelle Sixtine et ses 2500 m² de fresques © DR.

Le joyau de Michel-Ange, Botticelli et Le Pérugin est en danger. Recouverte par des kilos de poussières,  la Chapelle Sixtine, réalisation architecturale et picturale célèbre dans le monde entier, serait en proie à une détérioration grandissante.

Tous les jours, ce sont plus de 20 000 touristes qui foulent le sol pavé et admirent les 2500 m² de fresques du lieu de culte le plus emblématique de la botte italienne, apportant avec eux humidité et saletés. Un constat alarmant, déjà établi en 2010, qui incite le directeur des Musées du Vatican, Antonio Paolucci, conscient des risques,  à envisager la réalisation d’un espace virtuel limitant ainsi l’accès au patrimoine original : « Celui qui pénètre dans la Chapelle Sixtine aborde une immense épopée théologico-culturelle difficile à appréhender au premier regard. […] La Sixtine n’est pas un musée, mais une synthèse de la théologie catholique, un espace consacré où se célèbrent des grandes liturgies et où sont élus les papes » (Corriere della Sera).

En attendant l’exécution de ce projet ambitieux mais nécessaire, d’autres solutions temporaires vont être adoptées comme la rénovation de l’éclairage et de la climatisation, ainsi qu’un système de « nettoyage automatique » des visiteurs. Sur une centaine de mètres, un tapis dépoussiérant permettra d’assainir le public, d’aspirer les poussières présentes sur les vêtements mais également de réguler leur chaleur et leur humidité corporelles, principales causes de la détérioration des fresques avec l’émission de dioxyde de carbone de la bouche même des visiteurs.

Certains n’hésitent pas à s’exprimer sur le cas Sixtine, à l’instar du critique d’art italien Pietro Citati, déplorant ouvertement la recherche de profit des Musées du Vatican, au détriment de la protection d’un trésor national – chaque visiteur débourse environ quinze euros pour entrer dans la chapelle.

Alors doit-on, comme c’est le cas dans les grottes de Lascaux, considérées comme « la Chapelle Sixtine de l’art pariétal », envisager une réplique d’un monument en danger ? Le visiteur ne se sentira-t-il pas lésé de ne pouvoir accéder à un patrimoine national dans son essence originelle ? Réponse dans quelques années. En attendant, pensez à prendre d’une douche et à vous dépoussiérer avant d’entrer au musée.

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