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Henri Loyrette quitte le Louvre : bilan d’une décennie de bouleversements

Magali Lesauvage 20 décembre 2012

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Dans l’histoire du musée du Louvre, une page se tourne. Près de douze ans ans après son arrivée à la tête de l’institution, Henri Loyrette, soixante ans, a déclaré lundi 17 décembre qu’il ne briguait pas de nouveau mandat et s’apprêtait à quitter son poste de président-directeur du Louvre en avril prochain. Bilan d’une décennie qui a vu évoluer le musée de manière spectaculaire.

Sa longue silhouette de quasiment deux mètres de haut, reconnaissable de loin, aura marqué le paysage muséal français. On l’a croisé maintes fois au musée d’Orsay, d’abord, où il débuta sa carrière de conservateur dès 1978, à l’âge de vingt-six ans, et dont il prit la direction en 1994. Dix-neuvièmiste (il est notamment spécialiste de Degas, au sujet duquel il a rédigé une monographie), Henri Loyrette y était dans son élément. En 2001, il succède à Pierre Rosenberg, historien de l’art respecté, en tant que président-directeur du Louvre.

Le musée compte alors un peu plus de 5 millions de visiteurs annuels, ce qui le place parmi les musées les plus visités de la planète. Ils sont aujourd’hui le double : le record de 10 millions de visiteurs a été atteint en 2012. Entre-temps, le musée a acquis un rayonnement sans précédent, grâce notamment à l’action d’Henri Loyrette, qui fit de l’établissement un véritable « outil politique », selon certains. C’est en effet sous sa mandature qu’ont été impulsés les projets du Louvre-Lens, tout juste inauguré, ou du Louvre Abu Dhabi (dont l’ouverture est prévue en 2015) – projets qu’il a fallu qu’il soutienne, mais dont il ne fut pas à l’initiative. Soit la création d’une véritable « marque Louvre », sur le modèle des franchises Guggenheim : à Lens dans une volonté de démocratisation et de décentralisation culturelles, à Abu Dhabi comme une « opération de coopération culturelle », qui a rapporté environ 400 millions d’euros au musée.

Hormis ces projets d’un Louvre en expansion, ont été réalisées plusieurs annexions : le musée Delacroix, les jardins des Tuileries et l’Hôtel de la Marine lui sont désormais rattachés. Des expositions d’art contemporain y ont lieu chaque année, et le public a rajeuni – 50% des visiteurs ont moins de 30 ans. Mais ce qui fait tourner le Louvre, malgré le kidnapping de plusieurs œuvres phares pour Lens, ce sont encore et toujours la Joconde, la Vénus de Milo, les momies égyptiennes… Il faut donc pour le Louvre et ses agents absorber le flux quotidien de visiteurs (d’où des fermetures de salles hebdomadaires), tâche difficile qui a conduit ces dernières années à diverses revendications syndicales. Il faut aussi aménager ces espaces, opération dont le coût a été ces dernières années largement assumé par le mécénat privé.

Un mécénat de haut vol, assuré par de grandes entreprises comme Total ou Vinci, au nom duquel le président-directeur du Louvre a dû se muer en VRP VIP du Louvre, arpentant le globe pour multiplier les initiatives palliant la décrue des financements publics – comme par exemple la location (pudiquement appelée « prêt payant ») d’œuvres à Atlanta en 2006, vertement critiquée par les personnalités du secteur des musées français.

Parmi les chantiers mis en œuvre, le nouveau Département des arts de l’Islam aura sans doute été le plus brillant de ces douze dernières années. Le coup d’arrêt donné au budget du musée, qui retarde notamment le nécessaire aménagement de la pyramide, est-il la raison pour laquelle Henri Loyrette a décidé de ne pas rester à la tête du « plus grand musée du monde » ? Les rumeurs disent qu’il se consacrera au commissariat d’exposition. Une manière, sans doute, de revenir à sa véritable passion, l’art, au détriment de ce que sa fonction demandait, à savoir la diplomatie d’un politique doublée de la ruse d’un financier. Des qualités qu’il faudra trouver chez son/sa successeur/e, que la ministre de la Culture Aurélie Filipetti a désormais pour tâche difficile de désigner.

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