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Louvre-Lens : l’effet Bilbao aura-t-il lieu ?

Magali Lesauvage 4 décembre 2012

Événement majeur de cette fin d'année, l'ouverture du Louvre-Lens – proposé par Jean-Jacques Aillagon, voulu par Jacques Chirac, mis en œuvre par Henri Loyrette, inauguré officiellement par François Hollande –, est prévue pour le 12 décembre. 12.12.12 : un compte rond pour un projet très bien pensé qui suscite malgré tout la controverse.

Vue de la Galerie du Temps, Louvre-Lens, 2012. Architectes : SANAA.

« Ce que nous voulons, c'est un effet Bilbao ». Rien de moins : faire renaître une région sinistrée grâce au tourisme culturel. Daniel Percheron l'annonce d'une voix vibrante. Le président de la région Nord-Pas de Calais s'est battu comme un diable pour que le musée du Louvre installe son antenne à Lens. Une ville, rappelle-t-il lors de la conférence de presse tenue lundi  3 décembre devant 200 journalistes, qui est l'une des plus pauvres de France (le revenu moyen annuel y était de 10 074 euros en 2010), a été frappée de plein fouet par deux guerres et une crise en ricochets, et n'est que « cinquième de la ligue 2 de football », avoue-t-il. Le socialiste insiste sur les milliers de morts et l'horreur des mines, ces femmes attendant en vain le retour des hommes sur leur pas de porte... Un portrait pour le moins douloureux d'une région rassemblée autour de ses « sang et or » et de son patrimoine minier.

Une renaissance, c'est ce qu'attend Lens. Henri Loyrette, président-directeur du Louvre, l'a choisie parmi d'autres villes candidates pour y implanter une antenne du musée parisien, le plus important du monde par l'ampleur de ses collections. Entre temps, le Louvre Abu Dhabi, le Louvre Atlanta ont également germé, essaimant partout dans le monde la marque Louvre. « Le Louvre, une chance pour Lens. Lens, une chance pour le Louvre » : le musée encyclopédique entend retrouver, par le Louvre-Lens, sa vocation éducative et sociale, celle qui prévalut à sa fondation pendant la Révolution française, à l'âge des Lumières. A cette valorisation républicaine, s'ajoute la volonté de « se regarder d'ailleurs », de changer de point de vue.

De bonnes intentions, mais une démarche maladroite

Une opération dantesque de décentralisation, un discours plein de bonne volonté, une mise en œuvre(s) du concept d'« art pour tous »... : le Louvre-Lens est LE projet de démocratisation culturelle par excellence. L'entrée y est gratuite (sauf pour les expos temporaires), ainsi que le prêt de l'audioguide, très bien conçu. Un « musée à visage humain », c'est ainsi que le définit son directeur, le jeune Xavier Dectot. Toutes ces intentions, si belles soient-elles, font cependant preuve d'une condescendance et d'un paternalisme qui s'ignorent. Universaliste, impérialiste, le Louvre se donne ici pour mission une sorte d'évangélisation par la culture, qui semble oublier la culture présente (hormis la présence de Géants du carnaval dans l'exposition Le Temps à l'œuvre).

« Tous à Lens », dit la communication du musée. Mais plutôt que d'amener le Louvre à Lens, ne pourrait-on pas amener les Lensois au Louvre (à un peu plus d'une heure de là), ou les inciter à visiter les musées de leur région ? Et outre le fait que cela pose nécessairement problème de déplacer des œuvres pluriséculaires, on prive les nombreux visiteurs du Louvre (provenant des quatre coins de la France, mais pour la majorité étrangers) de la contemplation de chefs-d'œuvres irremplaçables dans sa muséographie, comme La Liberté guidant le peuple de Delacroix ou L'Hermaphrodite endormi. Jusqu'à aboutir à des situations absurdes, comme le retrait du portrait de Balthazar Castiglione de l'exposition Raphaël en cours pour rejoindre le parcours de la Galerie du Temps. Par ailleurs, les nombreux musées de la région (Palais des Beaux-Arts de Lille, Piscine de Roubaix, musée des Beaux-Arts d'Arras, etc.) auraient pu bénéficier de l'investissement engagé (150 millions d'euros, dont les trois quarts à la charge des collectivités territoriales), afin de compléter leurs collections ou étoffer leur action auprès des publics.

Vue de l'extérieur du Louvre-Lens, 2012. Architectes : SANAA.

Un projet lumineux

Qu'en est-il du résultat ? Le projet architectural de l'agence japonaise SANAA est lumineux d'intelligence et respectueux du patrimoine lensois. S'intégrant en toute discrétion dans le paysage légèrement vallonné de l'ancien carreau de mine, le bâtiment tout en longueur rythmé de quelques décrochements et d'une légère courbe dialogue avec le paysage, reflétant sa lumière si particulière, diaphane, dans l'aluminium et le verre. À l'intérieur, l'éclairage zénithal naturel tamisé glisse sur les œuvres, atténue les contours. On n'est pas là dans le grand geste architectural à la Frank Gehry, comme au musée Guggenheim de Bilbao : l'architecture s'efface devant les œuvres, les magnifie par des cadrages subtils. Un vaste hall vitré livre divers points de vue sur le paysage – et sur le stade Bollaert, cher au cœur des Lensois.

À l'intérieur, la Galerie du Temps (référence à la Grande Galerie du Louvre, dans le palais historique) est une somptueuse timeline déployant 200 œuvres insignes du patrimoine mondial, couvrant 4000 ans d'histoire. Le parcours rythmé forme une sorte d'histoire de l'art par les formes, synthétique, parfaite – presque trop lisse. Du Gudéa mésopotamien de 2120 av. J.-C. à La Liberté guidant le peuple de 1830, l'accent a été mis sur la représentation du corps. L'accrochage, prévu pour cinq ans, sera renouvelé à hauteur de 20% chaque année. Une exposition temporaire sur la Renaissance, très bien conçue, permet de redécouvrir, outre les œuvres attendues (la Sainte Anne de Léonard de Vinci, l'Annonciation de Van Der Weyden), le fonds de gravures du Louvre – dont un ensemble de 2,70 mètres de haut signé Dürer. Au sous-sol, les réserves sont visibles, ainsi que le travail des restaurateurs.

Le Louvre-Lens est un musée transversaltranslucide, transparent. Espérons qu'il ne soit pas invisible.

RENAISSANCE, RÉVOLUTIONS DANS LES ARTS, 1400-1530

12/12/2012 > 11/03/2013

Louvre-Lens

LENS

Cette exposition inaugurale propose une inter- prétation très large de ce qu’est la Renaissance, en partant de ses origines et de ses mo...

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