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Une œuvre de Pascal Pinaud « mise en abîme » à Bourges

Laura Heurteloup 26 novembre 2012

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Le vandalisme deviendrait-il une mode ? Après l’affaire du Rothko vandalisé à Londres en octobre dernier, qui semble-t-il serait plus difficile à restaurer que prévu, c’est au tour de l’artiste Pascal Pinaud de faire les frais d’un acte de violence contre l’une de ses œuvres.

Pascal Pinaud, Ecran n°8 © Pascal Pinaud.

La semaine dernière à Bourges, en pleine Biennale d’art contemporain, un individu encore non identifié a délibérément écrit au stylo bille noir sur une toile de Pascal Pinaud : « CHRIST EST ROY ! CHRIST EST ROI ». L’œuvre fait partie d »une série présentée au Château d’eau dans le cadre de la manifestation (jusqu’au 16 décembre).  Pour l’artiste, « les gens sont devenus totalement décomplexés, ils n’ont plus aucun respect pour les œuvres d’art ».

Ironie du sort, la série présentée par Pascal Pinaud dénonce le vandalisme des œuvres d’art. Depuis sa sortie de la Villa Arson à Nice en 1990, l’artiste travaille, recherche et collecte des photographies d’œuvres vandalisées qu’il développe au format numérique. La toile en question, Ecran n° 8, représente Piss Christ, une photographie d’Andres Serrano vandalisée il y a deux ans à la Collection Lambert en Avignon. Cette image très controversée, montrant un crucifix plongé dans un verre d’urine, avait reçu des coups de marteaux et de pioches pour son aspect soi-disant blasphématoire, et provoqué l’ire d’organisations catholiques extrémistes comme l’Institut Civitas, qui avait fait un sit-in devant le centre d’art (celui-là même qui récemment manifestait sans ménagement contre le mariage homosexuel).

Il s’agit donc ici d’un double vandalisme sur la photographie de Serrano. Double vandalisme que compte bien utiliser Pascal Pinaud comme mise en abyme pour ajouter un nouveau tirage à sa série : « Je vais photographier Ecran n° 8 vandalisé avant de le détruire et d’en tirer un nouveau tel qu’il était à l’origine ».

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