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Les artistes dansent « Gangnam style » en signe de protestation

Laura Heurteloup 22 novembre 2012

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Depuis la sortie du tube planétaire Gangnam Style du chanteur sud-coréen Psy, qui parodie la vie des riches du quartier chic de Séoul, les plus grands de ce monde l’imitent dans des vidéos diffusées sur Internet. Dernièrement, l’artiste dissident chinois Ai Weiwei s’en est donné à cœur joie, soutenu par Anish Kapoor. Tentation du buzz ou véritable message contestataire ?

Rien ne saurait expliquer rationnellement le succès retentissant du tube Gangnam Style. En visionnant pour la première fois le clip de Psy et sa danse, un mélange de Macarena et de Yakalélo, nous ne retenons qu’un seul mouvement, celui du « cheval invisible ». Faussement cramponné sur un étalon, les deux poignets croisés, imaginez-vous chevauchant dans des prés fleuris, vous déhanchant avec énergie, et vous obtenez l’essentiel de la chorégraphie. Les 762 millions de vues depuis sa première diffusion sur Youtube ont donné des idées à certains artistes férus de messages ironiques. Ai Weiwei, en pleine affaire judiciaire avec le gouvernement chinois, a sauté sur l’occasion pour booster sa cote de popularité, mais surtout faire passer un message politique aux dirigeants de son pays d’origine.

Dans sa version, réalisée fin octobre, il agite les mains en l’air, vêtu d’un tee-shirt rose pétant, en faisant tournoyer au dessus de sa tête une paire de menottes avec un grand sourire  provocateur. L’artiste, dont les œuvres sont en opposition avec le gouvernement chinois, est condamné pour évasion fiscale et son passeport est confisqué par Pékin. « Nous pensons que tout le monde a le droit de s’exprimer et que ce droit d’expression est fondamentalement lié au bonheur et même à notre existence », a expliqué Ai WeiWei au quotidien britannique The Guardian.

Mais la chevauchée fantastique semble se répandre comme un virus dans le milieu de l’art. Un virus de solidarité injecté par le sculpteur britannique d’origine indienne Anish Kapoor, en réponse à la censure dont fait l’objet la vidéo de Ai Weiwei, supprimée de l’Internet chinois quelques jours après sa publication. L’artiste a réuni près de 250 amis du monde l’art (Mark Wallinger, Bob et Roberta Smith, Tom Phillips, ou encore Tamara Rojo) dans son studio londonien pour réaliser leur propre version de Gangnam Style, sous la direction du chorégraphe Akram Khan. Anish Kapoor, habillé d’une chemise rose bonbon, lance un appel à la liberté d’expression et sûrement à l’auto-dérision. Derrière ses lunettes de soleil, il reprend la chorégraphie de son acolyte artistique avec les menottes. Une main levée, l’autre devant la bouche, ils dénoncent la censure imposée à Ai Weiwei par les autorités, finissant tous par arborer un masque représentant le visage de l’artiste chinois brandissant la pancarte « End repression. Allow expression ».

Anish Kapoor nous ôte les mots de la bouche en déclarant à l’AFP : « Oui c’est totalement ridicule ! Mais quel est le paradigme de l’artiste ? L’artiste fait des choses idiotes avec des intentions très sérieuses ».

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