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Dalí : pourquoi on le déteste

Magali Lesauvage 20 novembre 2012

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Alors que le peintre américain Edward Hopper récolte tous les suffrages, et que son exposition au Grand Palais s’annonce déjà comme l’un des blockbusters de l’année, le surréaliste Salvador Dalí est loin de faire l’unanimité. Sa rétrospective au Centre Pompidou, qui ouvre mercredi 21 novembre au public, s’annonce tout de même comme un succès, car le personnage autant que l’œuvre fascinent, voire provoquent un réel rejet. Pourquoi personne ne reste insensible à Dalí ? Éléments de réponse (avec la plus grande mauvaise foi, bien sûr).

Salvador Dalí, Le Grand Masturbateur, 1929, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí/Adagp, Paris 2012.

Ses œuvres sont kitsch

La précision maniaque de son dessin, ses couleurs acides et franches, ses juxtapositions délirantes de homards, fourmis, et autres items du vocabulaire dalinien, ses jeux illusionnistes… le mauvais goût exsude de la peinture de Salvador Dalí. Ajouter à celà une bonne dose de délire mystique, avec ses Christ hyperréalistes et ses Vierges pleurantes, qu’il mêle à la philosophie de l’atome, et vous obtenez un sommet de kitsch – clairement revendiqué.

Il est incompréhensible

Essayez d’expliquer la fameuse « méthode paranoïaque-critique » à une personne non initiée à la psychanalyse… En gros, il s’agit d’opposer à la passivité de l’automatisme prôné par Breton et les surréalistes une méthode active, basée sur le délire paranoïaque de l’artiste. D’où ces juxtapositions incongrues d’objets (un homard sur un téléphone par exemple, objet issu d’une anecdote véritable), ses titres énigmatiques (comme Bureaucrate moyen atmosphérocéphale, dans l’attitude de traire du lait d’une harpe crânienne), ou son interprétation délirante de L’Angélus de Millet comme figure gémellaire, érotique, visionnaire. « La différence entre un fou et moi, c’est que je ne suis pas fou », déclarait-il. Ce qu’il fallait démontrer.

Il est obsédé et provocateur

Des sexes, féminins ou masculins, on en voit partout dans l’exposition du Centre Pompidou. Dalí ne semble d’ailleurs pas plus obsédé par le corps des femmes que par celui des hommes. Une obsession qui se traduit dans les premières années par toute une série de dessins érotiques, et des provocations dans la veine dadaïste (Parfois je crache avec plaisir sur le portrait de ma mère, 1929), avant de se concentrer sur la figure de Gala, qu’il peint des dizaines de fois et considère comme sa muse, sa mère, sa sœur…

Il copie les autres

Le Dalí des débuts se cherche, entre le cubisme de Picasso, autre « star » espagnole, la manière très particulière de Matisse, et les grands maîtres anciens. L’Angélus de Millet est une œuvre qui va le poursuivre toute sa vie, mais il regarde aussi beaucoup du côté de la peinture du XVIIe siècle, en particulier de Vermeer (dont il copie La Dentellière du Louvre), Vélasquez, Rubens…

Salvador Dalí, Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano, 1931, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí/Adagp, Paris 2012.

Il est mégalomane, aime la célébrité et l’argent

La pub pour les chocolats Lanvin, les interventions à la télévision dans les années 1960-1970, son allure de dandy (avec sa fameuse moustache, sa canne et sa queue-de-pie), le goût de l’argent (André Breton le surnommait « Avida Dollars », anagramme de Salvador Dalí), ses amis du showbiz (comme Amanda Lear), le jeu constant et exacerbé avec son image (l’accent catalan, les yeux écarquillés…)… Dalí a bien des raisons d’exaspérer les adeptes de la modestie. Proche de Warhol, qui le considérait un peu comme son maître en célébrité, l’artiste aurait signé des feuilles blanches en public… « Le surréalisme c’est moi », déclarait celui qui s’était fait excommunier du groupe par Breton. Né après la mort de son frère, lui aussi prénommé Salvador, il fut un enfant très timide et affirmait : « Mon frère n’a été qu’un premier essai de moi-même ». Pas besoin d’être psychologue pour comprendre son complexe.

Il a un rapport ambigu à la politique

Dalí est fasciné par les figures d’autorité. Non seulement les grands rois de l’Histoire, mais aussi Hitler, qui apparaît dans plusieurs de ses toiles (ce qui lui vaut les foudres de Breton, encore), Franco (auquel il rend visite tandis que Picasso reste en France pour lutter contre le nazisme), Staline et Lénine (voir le tableau Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano, 1931). À ce méli-mélo politique assez irrationnel, il faut ajouter son individualisme forcené et le goût pour l’aristocratie.

Sa moustache est ridicule…

… bien que Dalí lui ait attribué des propriétés divinatoires et qu’il l’associait à la pointe de ses pinceaux.

DALÍ

21/11/2012 > 25/03/2013

Centre Pompidou

PARIS

En 150 peintures parmi lesquelles les chefs-d’œuvre provenant du Reina Sofia de Madrid mais également le tableau emblématique conservé...

Exposition terminée
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