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La Turquie accuse le Louvre d’exposer des œuvres volées

Laura Heurteloup 9 novembre 2012

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En septembre dernier, le musée du Louvre a inauguré le département des arts de l’Islam. Parmi les œuvres exposées, une pièce maîtresse a attiré l’attention des autorités turques, un mur de céramiques ottomanes. Certaines parties de ce témoignage artistique auraient été volées à la mosquée Piyale Pasha à Istanbul à la fin du XIXe siècle.

Photo du mur de céramiques ottomanes, prise au musée du Louvre et publiée sur le site du quotidien Radikal. DR

Le Louvre est actuellement au cœur d’une affaire de vol d’œuvres d’art. La victime, une mosquée d’Istanbul qui aurait fait l’objet d’un pillage à la fin du XIXe siècle. Le déclencheur de cette bataille juridique a été un article publié le 28 octobre dernier dans le supplément culture du quotidien Radikal par le journaliste Omer Erbil, spécialisé dans l’étude du patrimoine culturel et également auteur d’une série documentaire. On peut y lire que « le Louvre expose des céramiques volées dans son nouveau département des arts de l’Islam », ou encore « elles sont toutes à nous ».

Malgré toute la bonne foi du Louvre qui assure que l’acquisition de cette pièce s’est déroulée « dans des conditions parfaitement légales au regard des règles applicables à cette époque dans les collections publiques françaises » (Le Point), cette déclaration ne semble pas satisfaire le ministre turc de la Culture et du Tourisme, Ertugrul Günay. En effet, deux fonctionnaires de son ministère aurait été envoyés secrètement à Paris pour prendre des photos du dit mur. Après une analyse méticuleuse des images rapportées confirmant l’hypothèse du vol, le gouvernement ottoman a décidé d’entamer une procédure pour les récupérer. Pour le musée parisien, qui indique dans la description proposée au public que cet ensemble de pièces « provient d’achats faits par les musées du Louvre et des Arts décoratifs ainsi que de nombreux dons et legs à ces deux institutions entre 1871 et 1940 », aucune demande officielle des autorités turques n’aurait été envoyée.

Les trois tympans en question, composés de carreaux de céramique aux motifs floraux rouge, bleu et vert émeraude font partie d’un ensemble de huit panneaux. Les autres parties seraient conservées dans des musées de Vienne, Lisbonne et Berlin. Cette dernière ville aurait elle aussi subi les revendications turques. Le gouvernement souhaiterait que lui soit rendu le grand autel de Pergame, ainsi qu’une centaine d’œuvres appartenant aux collections des plus grands musées du monde.

 

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