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« Il faut relativiser notre peur des robots »

Laura Heurteloup 8 novembre 2012

Quand on nous parle de robots, on pense généralement à R2D2, C-3PO, Terminator, Wall-E et autres. Ces personnages de métal et de circuits imprimés qui hantent la science-fiction ne sont pourtant pas les seuls robots. Loin de nos préjugés, l'exposition Et l'homme créa... le robot au Musée des Arts et Métiers (jusqu'au 3 mars), propose de nous défaire de cette image préconçue en remontant à l'origine, des mécanismes d'horlogerie aux prothèses médicales en passant par les automates. Visite avec Karine Alexandrian, responsable de la médiation.

Animatronics « Robbix Génération », 2008. Zigzag Production, Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) © Zigzag Prod. - Michel Ploix.

[exponaute] Pour quelles raisons le Musée des arts et métiers propose-t-il une exposition autour du robot ?

[Karine Alexandrian] Proposer une exposition sur les robots, c’est en quelque sorte ouvrir une boîte de Pandore. On a tous des idées bien arrêtées sur le robot. Demandez à n’importe qui d’en dessiner un, en général il aura deux bras, deux jambes, une forme androïde. Il nous semblait donc important de faire un état des lieux sur le robot, de montrer à travers l’exposition qu'il n’est pas forcément androïde, belliqueux, comme un « Exterminator », mais surtout qu’il est déjà parmi nous et nous rend de nombreux services dans notre quotidien. L’exposition permet d’en prendre conscience et de relativiser la peur qu’ils puissent prendre notre place.

Le robot a toujours eu une image fantastique, presque mythologique.

C’est un domaine extraordinaire où les mythes, la mythologie, la littérature et la science-fiction sont porteurs d’idées, qui viennent de très loin : le mythe de Prométhée, la légende de Pygmalion, la créature de Frankenstein… Depuis longtemps l’être humain a voulu créer son double artificiel, une entité à son image. Souvent dans l’histoire il est puni pour avoir joué à l’apprenti divin. Il y a aussi chez l’homme ce désir de créer une forme de vie capable de réaliser les tâches les plus pénibles, quelque chose qui ne ressentirait pas les faiblesses humaines et qui serait serviable à merci.

Peut-on dater l’apparition du mot « robot » ?

Sa première apparition est littéraire et date de 1920. C’est l’écrivain tchèque Karel Čapek qui l’utilise le premier dans sa pièce de théâtre R.U.R., Rossumovi univerzální robotia. En tchèque, « robota » signifie « travail pénible », « corvée ». Vous ajoutez à cela les trois lois de la robotique créées par Isaac Asimov et vous avez les premières apparitions du robot.

Séraphin Fernand Martin, Jouet Martin, 1888-1905, Musée des arts et métiers/CNAM, Paris © M. Favareille.

L’exposition débute avec la présentation de vieilles horloges, quel est le lien avec les robots ?

Ce sont les ancêtres des robots. La mécanique horlogère commence au XIIe siècle, pour les beffrois et les églises. Même si le lien ne saute pas aux yeux, il s’agit pourtant de la première forme d’automatisation : l’horloge est un automate. L’être humain cherche alors à réaliser un système qui n’a plus besoin de lui. La recherche de la précision, qui apparaît au XVIIIe siècle, permet de faire de grands progrès dans la mécanique mais surtout la miniaturisation des éléments. Les prouesses réalisées à cette époque transparaissent dans les personnages-automates qui atteignent alors leur apogée. Nous avons par exemple dans les collections du Musée des arts et métiers La joueuse de Tympanon, capable de jouer huit airs de musique différents. Mais il faut surtout citer Jacques de Vaucanson, talentueux mécanicien du XVIIIe siècle qui a passé sa vie à reproduire le geste humain grâce à la mécanique.

Comment fait-on la différence entre un automate et un robot ?

Nous connaissons tous le cylindre à picot qui porte l’empreinte d’une programmation, d’un mouvement. C’est ce qu’on trouve au cœur des automates. En changeant le cylindre, on change la programmation. Le robot, au contraire de l’automate, peut appréhender son environnement et interagir avec lui, en fonction des obstacles. Sur ce dernier point, nous pouvons citer Job le renard, imaginé par Albert Ducrocq en 1950, représentatif d’un tournant dans l’histoire de la cybernétique. Ce terme, déjà utilisé par Platon, signifie en grec « gouverner », mais pas dans le sens politique, plutôt dans le sens « gouverner un navire ». Pour résumer, la cybernétique est une science qui met en place un système capable de se gouverner lui-même. Ce système possède des capteurs sensibles (aux bruits, à la température…) qui informent le cerveau du système, qui non seulement comprend l’information, mais également la trie par ordre d’importance.

Robot industriel Motoman SDA10, 208 Yaskawa France  © Yaskawa.

L’exposition aborde également l’utilisation du robot à échelle industrielle, est-ce un premier pas vers une substitution à l’homme ?

L’industrie automobile fut la première à utiliser le robot pour remplacer l’homme, en utilisant des bras capables d’aller chercher des pièces dans les fourneaux et de réaliser des soudures. Bien entendu, cette innovation a fait grincer des dents, la peur que le robot prenne le pas sur l’homme était, dans les années 1960, bien présente. Rappelons que le robot effectuait alors les gestes les plus répétitifs et pénibles : l’utilisation du robot dans l’industrie a permis de sauvegarder, de préserver l’homme. Tel est le cas également dans le nucléaire où des robots sont envoyés en milieu hostile et prennent toute leur importance. C’est un domaine où l’être humain a du mal à agir. Après 1986 et la catastrophe de Tchernobyl apparaissent des robots capables de franchir des obstacles, de monter des escaliers, d’agir davantage dans l’environnement. Mais deux problèmes subsistent : la communication avec l’extérieur et le blindage du circuit électronique contre les ondes radioactives. Mais quel que soit le domaine, qu’il soit médical, nucléaire ou autre, on cherche toujours à renforcer l’autonomie du robot.

Le robot, au-delà d’une utilité publique, est également considéré comme un « objet » de compagnie.

Tout à fait. Un espace de l’exposition est d’ailleurs consacré à cette petite révolution du robot, complètement ludique. Avec le petit chien Aibo par exemple, qui en soit ne sert à rien, mais qui offre une compagnie assez plaisante avec une certaine interaction. Prenez les petits robots dinosaures Pleo, ils sont évolutifs. Quand vous les achetez, ils sont au stade de bébé et vos caresses vont les faire grandir, ils vont aussi s’habituer à reconnaître votre voix. Bien sûr cette échange reste assez simple. L’interaction entre le robot et l’être humain est un des domaines les plus compliqués de la robotique. Pour que le robot interagisse avec l’être humain, il faut qu’il le comprenne.

Propos recueillis par Laura Heurteloup.

ET L'HOMME... CRÉA LE ROBOT

30/10/2012 > 03/03/2013

Musée des Arts et Métiers

PARIS

L’exposition est une exploration en six étapes au cœur de la robotique, du rêve ancien de l’automate aux robots chirurgiens, les andr...

exposition terminée
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