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La Chalet Society, centre d’art mobile consacré à la « conscience poétique »

Magali Lesauvage 6 novembre 2012

Drôle de sensation que celle que l'on ressent lorsqu'on pénètre dans la vaste cour du 14 boulevard Raspail, à Paris. Passée la chic façade haussmannienne, l'ancienne école à l'abandon qui accueille la Chalet Society fait plutôt l'effet d'une bâtisse hantée, oubliée depuis longtemps. Drôle d'idée d'y installer un centre d'art. Drôle de concept, aussi, qui fait d'un centre d'art une structure mobile consacrée à la « conscience poétique ».

La Chalet Society, Paris, 2012 © Nicolas Krief.

Conçue et dirigée par Marc-Olivier Wahler, ancien directeur du Palais de Tokyo (de 2006 à 2012), et du Swiss Institute de New York (de 2000 à 2006), la Chalet Society est un nouveau type de centre d'art, à la fois convivial et mobile – à l'image de ces nouvelles générations d'artistes et de curateurs nomades (ou « radicants », selon l'expression théorisée par Nicolas Bourriaud). Une société, dans le sens d'un rassemblement de personnes unis par des centres d'intérêts communs, réunis dans un chalet – réminiscence de la jeunesse suisse de MOW, mais aussi évocation d'un lieu de vie chaleureux – dans la lignée des « Chalets de Tokyo », programme de développement du Palais de Tokyo à l'étranger.

Le programme est fondé sur la « conscience poétique », notion inventée par un ancêtre de Marc-Olivier Wahler, un certain Saül « Wahl » Katzenellenbogen (sic), roi de Pologne pour une nuit (en 1586, ou 1587 selon les sources) et auteur d'une prophétie qui annonçait l'an 2012 comme l'Annus Horribilis final (re sic). On ne sait trop s'il faut croire ou non ce storytelling égocentrique, mais l'idée d'une sorte de confrérie de « chevaliers » (sic encore) est bien présente, avec un « atelier des testeurs », plateforme d'expérimentation de concepts rassemblant chercheurs et artistes.

Vue de l'exposition The Museum of everything, Chalet Society, Paris, 2012 © Nicolas Krief.

La Chalet Society prendra bientôt ses quartiers à Hollywood, avant de voyager dans diverses villes, en France comme à l'étranger. En attendant, elle organisera, dans les quelques 1000 m² de l'école du boulevard Raspail, des expositions variées, où l'art contemporain sera montré sans hiérarchie, et sans chercher à coller aux « tendances », nous dit-on. Ainsi accueille-t-elle jusqu'au 31 mars l'impressionnant (et quelque peu dérangeant) Museum of Everything, lui-même musée mobile voué à l'art « alternatif » (pour beaucoup, les œuvres présentées sont souvent rangées dans la catégorie « art brut »).

Bénéficiant essentiellement de fonds privés – et du mécénat du groupe Emerige et de son directeur Laurent Dumas, qui lui prêtent les murs de l'école du boulevard Raspail en attendant une réhabilitation prochaine –, la Chalet Society vit du bénévolat, de la participation de collectionneurs qui produisent les œuvres, et de la contribution de ses visiteurs, qui sont libres de verser une donation, en plus des cinq euros de droit d'entrée. Parce qu'elle est différente des lieux d'art habituels, la Chalet Society mérite qu'on s'y intéresse – et qu'on aille y faire un tour.

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