Lyon, plaque tournante de l’art contemporain
Magali Lesauvage • 30 octobre 2012
Vue de l'exposition Dimensions variables, Villeurbanne, Institut d'art contemporain © Blaise Adilon.
MAC et IAC en figures de proue
Pour preuve le musée d'art contemporain (MAC), municipal, fut l'une des premières structures de ce type créée en France en 1984 – il est installé depuis 1995 à la Cité internationale, au sommet du Parc de la Tête d'Or. Pour preuve encore, l'Institut d'art contemporain (IAC) de Villeurbanne, à quelques centaines de mètres de la gare Part-Dieu, qui accueille le FRAC Rhône-Alpes. Aussi différentes soient-elles, ces deux institutions impriment un fort dynamisme à la ville ainsi qu'à toute la région. Liés à l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon avec laquelle ils collaborent pour mettre en valeur les jeunes artistes locaux, le MAC et l'IAC sont complémentaires. Voir leur programmation : plutôt des têtes d'affiches internationales et des grands noms au MAC (John Cage et Robert Combas cette année), et des artistes à la pointe du contemporain à l'IAC (Bojan Šarčević actuellement, Hans Schabus l'an passé).
Le premier, dans un bâtiment en bord de verdure signé Renzo Piano, dispose de centaines de mètres carrés modulables, à même de recevoir de vastes installations et des scénographies aérées, qui conviennent parfaitement aux expositions collectives, comme Indian Highway, en 2011. Le second, avec son plan en T particulier, invite le visiteur à procéder à une déambulation circulaire dans des espaces encastrés les uns dans les autres, qui tendent à lui faire perdre ses repères. Une architecture qui permet les digressions et les apartés, parfaite pour les monographies d'artistes que l'Institut privilégie.

Pedro Cabrita Reis, Les Dormeurs, 2009, Biennale de Lyon 2009 © Blaise Adilon.
Un réseau dense
Ce dynamisme se cristallise tous les deux ans avec la Biennale de Lyon (la prochaine débutera en septembre 2013), manifestation internationale qui accueille des commissaires d'exposition de renom, et draine chaque année plusieurs dizaines de milliers de visiteurs sur plusieurs sites : le MAC et l'IAC, mais aussi la Sucrière et la Fondation Bullukian. Mais l'art contemporain à Lyon, ce ne sont pas que les grands événements, c'est aussi un réseau d'art bien implanté dans la ville et aux alentours, via notamment un certain nombre de galeries (Françoise Besson, Domi Nostrae, Mathieu, Roger Tator, Houg, Le Bleu du ciel, Verney-Carron...) et de nombreux lieux d'expo très actifs (la Salle de bains, bikini, la BF15, Néon, Spacejunk, L'Attrape-couleurs, le Fort du Bruissin, à Francheville...). Autre témoignage de ce dynamisme, la Docks Art Fair, foire qui a lieu tous les deux ans en même temps que la Biennale, en alternance avec la Wall Art Fair, plus modeste. En contrepoint, le musée des Beaux-Arts de Lyon n'hésite pas à aborder de temps à autre le moderne ou le contemporain avec des expos de haut vol, comme actuellement Soulages XXIe siècle.
Entourée par Saint-Etienne (et son musée d'art moderne) et Grenoble (et le Magasin), avec la Suisse et ses nombreux musées et marchands d'art non loin, Lyon est manifestement l'une des plaques tournantes de l'art en France et en Europe. À elle maintenant de le faire savoir haut et fort.
01/01/1970 > 01/01/1970
Musée d’Art Contemporain de Lyon (MAC Lyon)LYON
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