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« L’impressionnisme et la mode » : histoire d’une robe

Magali Lesauvage 27 septembre 2012

Rarement a-t-on l'occasion de voir l'un à côté de l'autre le portrait et son modèle. C'est le cas dans l'exposition L'impressionnisme et la modeau musée d'Orsay. Le modèle, ici, ou plutôt le sujet, c'est une robe – et à travers elle l'être de chair et d'os qui la porta autrefois.

Albert Bartholomé, Dans la serre ou Madame Bartholomé, 1881, Paris, Musée d’Orsay © RMN/Hervé Lewandowski ; anonyme, robe, 1880, Paris, musée d'Orsay © RMN/Patrice Schmidt.

Cas exceptionnel, la tenue portée par Prospérie, l'épouse de l'artiste Albert Bartholomé, a été léguée à l'Etat à la mort du peintre. Proche de Degas, Bartholomé est un impressionniste assez académique – il est d'ailleurs plus connu comme sculpteur, en particulier du célèbre Monument aux morts du cimetière du Père-Lachaise (1899) ou du Monument à Jean-Jacques Rousseau, au Panthéon (1912).

Prospérie Bartholomé, dite Périe, est représentée dans cette grande toile de plus de deux mètres de haut pénétrant dans une serre ombragée, le visage dissimulé sous un grand chapeau. Périe est issue d'une famille aristocratique, et tient salon, comme le décrit le peintre Jacques-Emile Blanche : « (Elle) se montrait accueillante aux roturiers, aux bohêmes, aux intellectuels, ses convives, si bien que les soirées de discussions sur la musique, la peinture et les livres, la politique surtout, où Degas nationaliste intransigeant, donnait le diapason avec une autorité que tous acceptaient (hormis Mary Cassatt, l’indépendante américaine), semblaient avoir lieu dans une région à part, unique à Paris ». C'est à la mort de son épouse, en 1887, qu'Albert Bartholomé débute la sculpture, notamment en réalisant sa tombe.

Elle porte ici une robe en coton blanc imprimé de pois et de rayures violets, dont la galerie Charles et André Bailly fit don au musée d'Orsay en 1991 – le tableau a quant à lui été acquis l'année précédente grâce à un don de la Société des Amis du musée. Ainsi le vêtement est-il décrit : « Le corsage, baleiné à pois et manches trois-quarts rayées comme le col rabattu, est prolongé en tunique retroussée en deux paniers sur les hanches et formant deux pans bordés de volants plissés par derrière sous un gros nœud plat de faille violette (la faille est une étoffe de soie ou de rayonne, à gros grains formant des côtes, ndlr). La jupe, rayée, est resserrée par derrière et entièrement plissée. Un décor de nœuds de faille violette et de boutons boules de verre agrémente l’ensemble ».

 Après sa disparition, la robe du portrait de Périe fut religieusement conservée par son époux jusqu'à sa propre mort. Le fétiche a aujourd'hui rejoint son incarnation.

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