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Biennale de Belleville : « S’emparer de la poésie du site »

Magali Lesauvage 14 septembre 2012

Audacieuse, la Biennale de Belleville (du 15 septembre au 20 octobre) distille de l'art contemporain dans un quartier encore (en partie) populaire, confronte jeunes artistes et résidents de toutes origines, œuvres et dialogues. Alors que la première édition, en 2010, avait un peu laissé sur sa faim, il s'agit cette fois-ci d'élargir son caractère interactif à plus de lieux et d'acteurs. Rencontre avec son commissaire général, Patrice Joly.

[exponaute] Pourquoi une biennale d'art contemporain à Belleville ?

[Patrice Joly] C'est un quartier « habité », mixé, en voie de gentrification, mais qui reste populaire. De plus il y a une dynamique de galeries, dont la plupart sont associées à l'événement. C'est donc un terrain passionnant. En 2010, la réception de l'événement avait été de l'ordre de l'étrangeté, de l'intrigant. Nous ne sommes pas dans la provocation, nous souhaitons expliquer, accompagner, notamment via le journal de la biennale, tout en ayant une approche historique du quartier, que l'on investit de l'intérieur, parce qu'on le connaît bien, qu'on y vit.

Vincent Lamouroux, Aire 23, 2010, chaux inerte projetée, Le Vent des Forêts, Meuse, France. Courtesy de l’artiste.

L'exposition centrale, au Pavillon Carré de Baudouin, est consacrée aux révolutions. Pourquoi ce thème ?

On envisage les révolutions au sens large, comme phénomène historique – Belleville ayant été l'un des épicentres de la Commune de Paris – et dans le sens du cycle, de ce qui peut toujours resurgir. Une notion ambiguë, qui signifie aussi ce qui « tourne en rond ». La Biennale montre comment on peut être inspiré par un quartier – Belleville étant une ville dans la ville – d'une grande richesse, car pas stabilisé, en perpétuelle évolution, où l'on croise des personnalités d'origines et de conditions très diverses.

Vous avez signé la semaine passée dans le Quotidien de l'art (édition du 6 septembre 2012) une tribune dans laquelle vous critiquiez vivement le Voyage à Nantes, qualifiée de «  grosse machine » et d'« opération de communication ». Comment envisagez-vous, pour votre part, l'art dans la ville ?

Nous avons choisi trois positionnements. D'abord le choc visuel : partir de la poésie du site, s'emparer du patrimoine. Dans cet esprit, l'un des projets, celui de Morgane Tschiember – qui n'a malheureusement pas pu voir le jour faute d'autorisation – prévoyait de relier les châteaux d'eau du quartier Télégraphe, en haut de Belleville, par un néon formant le signe de l'infini . Il y avait une réflexion sur le site, l'idée du cercle, de la révolution, mais aussi de l'eau qui se diffuse chez tous. Ensuite, on a voulu montrer une dimension pure de l'art. Ainsi avec Vincent Lamouroux, qui transforme le paysage des Buttes-Chaumont en produisant de la neige en été. C'est féérique ! Enfin, il y a l'idée du ready-made, par exemple dans l'intervention de Nicolas Milhé, dont la pièce, un élément de mur préfabriqué en béton, est présentée seule, à l'état brut, place du Colonel Fabien.

Nicolas Milhé, Sans titre, 2005, béton armé, 600 x 300 x 250 cm. Production 40mcube, Rennes. Collection du CNAP-Ministère de la Culture et de la Communication. Courtesy galerie Samy Abraham et galerie Mélanie Rio.

La performance, l'intervention directe dans/sur la ville, sont aussi très présentes.

Avec le Street Painting, on considère la ville comme un anti white cube, dans un mouvement de va-et-vient entre le musée et la rue. On a fait appel à des peintres dont les pratiques sont déportées de l'atelier, comme par exemple Martin Barré, figure historique, dont les tags sont « replacés » dans la rue, mais sous verre, ou Davide Balula et ses River Paintings. Il y a aussi des performances, avec la Nuit des tableaux vivants [le 22 septembre à partir de 22h, ndlr], qui fait le lien entre tous les arts, mais aussi une incursion dans l'univers même des artistes avec le Grand tour : une dizaine d'artistes du quartier ouvrent leur atelier, et y montrent leurs œuvres ou celles d'autres, comme par exemple Camille Henrot qui a rapporté de sa résidence à New York une valise remplie d'œuvres d'artistes rencontrés là-bas, ou le groupe Air qui ouvre son studio au public.

Toucher un maximum de public vous semble-t-il essentiel ?

On souhaite partager, c'est pourquoi, par exemple, on a installé une artothèque au CentQuatre. L'idée de proximité est importante, mais on n'a pas voulu baisser le niveau d'exigence, faire du « sous-art », mépriser le public. Après, la rencontre avec les œuvres a lieu, ou pas. Et si ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave !

Patrice Joly est directeur de la Zoo galerie, à Nantes, et rédacteur en chef de la revue Zéro Deux.

Propos recueillis par Magali Lesauvage

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