Votre action a été enregistrée avec succès !

Publiez une expo

Magazine » En images

expo_une_favori
expo_cercle_1 INSIDE

11/10/2014 > 11/01/2015

Palais de Tokyo

- PARIS

expo_cercle_2 HOKUSAI

01/10/2014 > 18/01/2015

Galeries nationales du Grand Palais - PARIS
expo_cercle_3 GARRY WINOGRAND

14/10/2014 > 08/02/2015

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_4 MARCEL DUCHAMP. LA PEINTURE, MÊME

24/09/2014 > 05/01/2015

Centre Pompidou - PARIS

Corps au travail, corps émancipé : deux photos d’Eva Besnyö

Alice Poujol 16 août 2012

L’œuvre photographique d’Eva Besnyö (1910-2003), que l’on peut voir en ce moment au Jeu de Paume, se caractérise, dès ses débuts, par une modernité absolue dans la composition. Analyse de deux clichés de jeunesse.

Ces deux photos ont été prises à un an d’intervalle. Par intérêt pour le formalisme, Eva Besnyö a préféré s’initier à la photographie auprès de l’avant-garde berlinoise, plutôt que de rejoindre la scène artistique parisienne, qu’elle juge trop romantique. En 1932, le climat antisémite l’oblige à quitter l’Allemagne pour les Pays-Bas. Elle fréquente les milieux bohèmes et gagne sa vie grâce à la photographie de presse.

Eva Besnyö, Sans titre (Charbonnier), Berlin, 1931, collection Stedelijk Museum, Amsterdam © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut, Amsterdam.

Dès ses débuts, l’agencement de ses clichés défie les règles de la représentation classique : corps enchevêtrés sur la plage, personnages à contre-jour disséminés autour de la silhouette d'un moulin à vent, ombres de mains projetées sur les pavés… Les verticales et les horizontales sont délaissées au profit de la dynamique propre du sujet photographié. Dans ces deux clichés, c’est l’oblique qui assure l’équilibre de l’image. Le cadrage penché semble atténuer la courbure des deux corps, sans pourtant la redresser totalement. On ne sait plus où se tient le sol, où se situe le ciel, ni où se trouvent les lignes de fuite. Autre particularité : les deux portraits tournent le dos à l’objectif, comme pour attirer l’attention du spectateur sur l’action qui occupe leur sujet et non sur son identité.

La photographie du charbonnier est emblématique de l’aspect social de l’œuvre de la photographe hongroise. À l’époque où la photo a été prise, la pensée marxiste imprègne l’élite culturelle berlinoise. Eva Besnyö n’ose encore s’engager, mais sa conscience politique la pousse à documenter la vie des travailleurs.  Sans jamais tomber dans le misérabilisme, elle cherche à capter leur réalité sous un angle novateur. Ce dos d’ouvrier est mis en valeur par les jeux de lumière qui font ressortir le relief de ses muscles. La partie gauche de son corps, inondée de soleil, fait office d'éclairage indirect.

Eva Besnyö, Sans titre (Magda), Balaton, Hongrie, 1932, collection Iara Brusse, Amsterdam © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut, Amsterdam.

Lorsqu’elle ne travaillait pas pour gagner sa vie, Eva Besnyö aimait photographier ses proches.  Ces clichés plus légers font le portrait d’une classe moyenne aisée et libérée. Un bref passage en Hongrie donne l’occasion à la photographe de capturer cette scène de bord de mer. Une jeune femme en maillot de bain sur un ponton ploie sous le vent qui emporte ses cheveux. Il s’agit de la sœur d’Eva Besnyö, Magda. Ses genoux pliés et son dos voûté dessinent un S. Un presque-nu féminin qui donne à voir une jeunesse émancipée, déjà menacée par la montée du totalitarisme.

 

EVA BESNYÖ

22/05/2012 > 23/09/2012

Jeu de Paume

PARIS

Artiste d’origine hongroise moins connue que ses compatriotes Robert Capa et André Kertész, mais “grande dame de la photographie néer...

exposition terminée
PRESSE
MEMBRES
AJOUTER UN COMMENTAIRE