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Souscription publique pour un Courbet : retour aux racines ?

Alice Poujol 2 août 2012

Le musée Courbet à Ornans a lancé une souscription publique auprès des particuliers et des entreprises, afin d'acquérir Le Chêne de Flagey (ou Chêne de Vercingétorix), mis en vente par un collectionneur japonais pour la somme de 4 millions d'euros. La moitié des fonds a déjà été rassemblée (grâce aux contributions du Conseil général du Doubs, de la région Franche-Comté et du ministère de la Culture). Retour sur l’histoire d'une œuvre singulière.

Gustave Courbet, Le Chêne de Flagey, 1864, 110 x 90 cm © Wikimedia Commons/Murauchi art Museum, Tokyo.

Gustave Courbet peint Le Chêne de Flagey en 1864. Il revient du Sud-Ouest de la France, où il a participé au groupe Port-Berteau aux côtés de Jean-Baptiste Corot, Louis-Augustin Auguin et Hippolyte Pradelles. Tous quatre aiment peindre des paysages et défendent le régionalisme contre la centralisation prônée par Napoléon III. Courbet n’a pas encore pris part à la Commune, mais il est déjà un socialiste fervent, proche des thèses de son ami Proudhon. Après cet épisode collectif, il séjourne dans la ferme familiale, à Flagey (au sud d’Ornans, dans son Doubs natal). La même année, il réalise La Source de la Loue - œuvre à la foi réaliste et métaphorique, puisque Courbet voyait dans les sources « l’origine du monde » -,  et La Roche pourrie.

Une toile naturaliste et politique

Courbet fait le portrait d’un arbre, comme s’il s’agissait d’un personnage : le tronc occupe la partie centrale du tableau, le branchage déborde du cadre. Il s’agit là d’une exagération de Courbet, car si l’on en croit les témoignages des habitants de Flagey, le chêne réel était de bien moindre stature. Dans l’herbe, on peut voir un chien blanc qui court, réduit à une trace blanche. Vision fugace qui contraste avec l’arbre solidement enraciné dans le sol. Pour Courbet, la nature n’est pas un simple élément de décor. Il aime en faire ressortir la vigueur. Ce n’est pas un hasard s’il a choisi de représenter le chêne, qui symbolise la force et attire la foudre.

Mais Le Chêne de Flagey contient aussi une charge véhémente contre le Second Empire. Son sous-titre est éloquent : « appelé Chêne de Vercingétorix, camp de César près d’Alésia, Franche-Comté ». Courbet fait allusion à une polémique sur l’emplacement de la bataille d’Alésia qui fait rage à son époque : a-t-elle eu lieu à Alaise, dans le Doubs, ou à Sainte-Alise, en Bourgogne ? Napoléon III avait soutenu publiquement la seconde thèse. Par ce sous-titre, le peintre défend à la fois sa région natale menacée par les velléités de centralisation de l’empereur et les origines de la démocratie française, personnifiées par Vercingétorix.

Retour dans le Doubs ?

La sœur de Courbet voulait voir Le Chêne de Flagey rejoindre le musée dédié à l’artiste. Racheté par un collectionneur américain, il a d’abord été exposé à Philadelphie, avant d’être acquis par le Japonais Michimasa Murauchi qui en a fait la pièce maîtresse de son musée privé, à Tokyo.

Pour cette opération de crowdfunding, le musée Courbet a mis en ligne un formulaire. Les donateurs bénéficieront d’un abattement fiscal de 66% (dans la limite de 20% de leur revenu imposable). L’œuvre est aujourd’hui estimée à 4 millions d’euros.

 

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