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Chris Marker (1921-2012) « Les hommes ont inventé la naphtaline de la beauté. Cela s’appelle l’Art. »

exponaute 31 juillet 2012

Le réalisateur français Chris Marker est mort dimanche dernier, jour de ses 91 ans, à Paris. Portrait d’un homme discret, qui a influencé des générations d’artistes, de Terry Gilliam à Laurent Grasso.  

Chris Marker © CC - 2012 / simonm1965

Il n’aimait pas se livrer, refusait la plupart des interviews et allait même jusqu’à donner des informations biographiques erronées aux journaux. On sait pourtant qu’il est né Christian-François Bouche-Villeneuve, à Neuilly-sur-Seine, le 29 juillet 1921 et que son pseudonyme, Chris Marker, vient de ses années dans la Résistance. Proche d’Alain Resnais, il réalise avec lui son premier film Les Statues meurent aussi (1953), qui remet en question la différenciation entre l’art nègre et l’art occidental. Par la suite, il réalise des films de voyage (Dimanche à Pékin (1956), Lettre de Sibérie (1958), Coréennes (1959)…), mais aussi des films militants comme Loin du Vietnam (1967) avec Jean-Luc Godard et Agnès Varda et Le Fond de l’air est rouge (1978). Son court-métrage de science-fiction La Jetée (1962) le fait connaître. Il inspirera au réalisateur Terry Gilliam L'Armée des douze singes (1995). Ses vidéos et ses films sont caractérisés par une liberté absolue tant au niveau du propos que d’un point de vue technique. Esthète, autant que militant, il émaille ses films de citations et d'allusions poétiques. Ainsi, dans son documentaire Le Joli Mai (1962) : « Les hommes ont inventé la naphtaline de la beauté. Cela s’appelle l’Art. »

Chris Marker, La Jetée, 1962.

Chris Marker se défendait bien d’être un artiste. Pourtant il a apporté une contribution immense à l’histoire de la représentation. Tout à la fois, romancier, essayiste, cinéaste, poète critique, photographe, traducteur, philosophe et éditeur, c’était un génie du bidouillage. Son film La Jetée (1962) est entièrement composé d’images fixes, capturées grâce à un simple appareil photo (le Pentax 24x36). Plus tard, il s’est approprié les nouvelles technologies. Le CD-ROM d’abord, avec l’œuvre interactive Immemory (1998), puis la plateforme Youtube (sur laquelle il contribuait sous le pseudonyme Kosinki) et l’univers virtuel Second Life dans lequel il a installé son île-musée : l’Ouvroir.

Chris Marker, diaporama réalisé à partir de la série Passagers, 2008-2010.

Chris Marker a fait l’objet d’une rétrospective aux Rencontres d’Arles en 2011. On pouvait y voir La Jetée, dans une salle de projection, mais aussi plusieurs séries de photos dont Passagers, portraits d'usagers du métro parisien qu'il a réalisés entre 2008 et 2010.

 

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