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Franz West (1947-2012) : « Peu importe ce à quoi l’art ressemble, ce qui compte, c’est comment on l’utilise »

Alice Poujol 27 juillet 2012

Le sculpteur viennois Franz West est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, des suites d’une longue maladie, a annoncé son frère au quotidien autrichien Kleine Zeitung. Il avait 65 ans.

Franz West avec un de ses Paßtücke © Octavian Trauttmansdorff.

On peut rapprocher l’œuvre de Franz West de celle de Mike Kelley, avec qui il a travaillé en 1999-2000. Nicolas Bourriaud l’a assimilé à son concept d’esthétique relationnelle, mais il reste difficile à définir. Ses objets et ses sculptures, jamais dénués d’humour, sont réalisés avec des matériaux pauvres, voire grunge ; elles se touchent plus qu’elles ne se regardent. Selon Franz West, « peu importe ce à quoi l’art ressemble, ce qui compte, c’est comment on l’utilise ».

Vue de l’exposition de Franz West à la galerie Eva Presenhuber en 2011, courtesy galerie Eva Presenhuber, Zürich.

Proche des Actionnistes viennois, West fait ses débuts en participant à leurs performances, mais s'en éloigne rapidement. Il se fait remarquer avec ses Paßtücke (qu’on pourrait traduire par : pièces adaptatives) dans les années 1970. Ce sont des sculptures blanches en papier-mâché, plâtre, métal ou matériaux de récupération dont le public peut s’emparer. Elles ont souvent été comparées à des prothèses. On peut les tenir à bout de bras, comme des appareils électroménagers, ou les enfiler et les laisser s’enrouler autour du corps, comme des serpents familiers. Pour West, il ne s’agit pas « d’activer » ou de « performer » ses pièces, mais plutôt de permettre au public d’appréhender l’art par le contact. Il réalise parallèlement des collages à partir de réclames publicitaires, raillant l’imagerie moderne de la consommation et son érotisme qu’il juge inopérant.

Franz West, Worktable in aspic, 2008 © D.R.

Plus tard ses œuvres deviennent de purs objets de contemplation. Il réalise des sortes de rochers grumeleux en carton-pâte aux couleurs de guimauve. Dans le même temps, il s’intéresse au design et expose dans les musées des chaises et des tables dans un style industriel. Invité à Kassel en 1992, West dispose des canapés recouverts de tapis derrière le Fridericianum. Les visiteurs de la Documenta peuvent s’asseoir dans cet Auditorium (l'œuvre est acquise un an plus tard par le Domaine de Kerguéhennec).

Franz West, Gekröse, 2011 © WFW.

Au milieu des années 1990, commence la partie la plus emblématique de son travail. Il réalise ses premières sculptures à grande échelle. Leurs formes arrondies évoquent des organes géants de marionnettes de carnaval. Ces tuyaux et ces bulbes de plâtre colorés invitent à s’y asseoir ou à y grimper. Avec toujours cette idée d’engager physiquement le spectateur. Lors de la dernière Biennale de Venise, Franz West a invité plusieurs artistes comme Urs Fischer et Michelangelo Pistoletto a investir son « parapavillon ». À cette occasion il a été récompensé par un Lion d’Or pour l’ensemble de sa carrière.

 

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