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Du carré à l’infini : Denise René, disparition d’une grande galeriste

Magali Lesauvage 10 juillet 2012

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Quand on pense Denise René, on pense carré. On pense aussi cercle, triangle, grille. Apôtre de l’abstraction géométrique et de l’art cinétique, la galeriste Denise René est décédée au matin du lundi 9 juillet à l’âge de 99 ans. Un âge pas tout à fait rond pour cette grande dame adepte du « point, ligne, plan ».

Denise René © DR.

Doyenne des galeristes parisiens, Denise René (née Bleitbreu) vint au monde en 1913, année phare de l’art moderne (celle de la Roue de bicyclette de Duchamp et des premières séries abstraites de Kandinsky), puis traversa le siècle le plus révolutionnaire de l’art en côtoyant ses plus grands artistes – Picasso, Arp, Picabia, Léger, Ernst… Créatrice de mode, elle prend un virage vers l’art au lendemain de la guerre, et ouvre sa galerie rue La Boétie avec une exposition de dessins de Vasarely, l’un de ses grands protégés. D’emblée, elle défend ce qu’elle nomme « l’art construit ».

Parmi les grandes dates de la galerie Denise René, d’une longévité exceptionnelle, citons en trois : 1955, avec l’expo Le Mouvement, consacrée à l’art cinétique et signée Pontus Hulten (futur directeur du centre Pompidou) ; 1957 : première rétrospective de Piet Mondrian en France ; 1971 : ouverture d’une antenne à New York avec une expo d’Agam.

Vue de l’exposition Réflexion forme lumière, à la galerie Denise René (espace Marais), Paris, mai-juin 2012.

Pourtant en 1977, la galerie fait faillite ; trois ans plus tard Denise René vend sa collection. En 1991 c’est la résurrection, avec la réouverture rue Charlot, dans le Marais, et en 2001, fait rare pour une galeriste, le musée national d’Art moderne lui rend hommage avec l’exposition Denise René l’intrépide. Une galerie dans l’aventure de l’art abstrait 1944-1978.

Dans le catalogue, Denise René explicitait ainsi la passion qu’elle vouait à l’art abstrait :

« Pourquoi en suis-je venue peu à peu à défendre exclusivement l’art construit ? Si j’en cherche les raisons en moi-même, c’est, me semble-t-il, parce qu’aucun n’exprime mieux la conquête de l’artiste sur un monde menacé de décomposition, un monde en perpétuelle gestation. Dans une œuvre d’Herbin, de Vasarely, il n’y a pas de place pour les forces obscures, l’enlisement, le morbide. Cet art traduit à l’évidence la maîtrise totale du créateur. Une hélice, un gratte-ciel, une sculpture de Schöffer, un Mortensen, un Mondrian voilà les oeuvres qui me rassurent ; on peut lire en elles, aveuglante, la domination de la raison humaine, le triomphe de l’homme sur le chaos. Voilà pour moi le rôle de l’art. L’émotion y trouve largement son compte. »

Radicale, passionnée, intense, voire difficile, Denise René demeure pour de nombreux jeunes galeristes un modèle de rectitude, à l’image de ces toiles abstraites tracées au cordeau qu’elle aimait tant.

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