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À Belleville, quartier pop de l’art

Magali Lesauvage 8 juin 2012

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Cette semaine, mercredi 6 juin, avait lieu la troisième Nocturne du Grand Belleville, soirée de vernissages collectifs dans les galeries des 10e et 19e arrondissements de Paris. Peut-on pour autant parler d’un « esprit Belleville » ?
Belleville est l’un des rares derniers quartiers populaires de Paris, témoignant d’une mixité sociale et ethnique rare. Entre les stations Colonel Fabien et Ménilmontant, avec pour point culminant la place des Fêtes, et le canal Saint-Martin coulant en contrebas, la colline s’organise autour de la rue de Belleville, qui promet une belle ascension. C’est aussi un quartier branché, où il fait bon bruncher dans les cafés de Jourdain, assister à un concert à la Maroquinerie, pique-niquer à touche-touche au parc des Buttes-Chaumont ou boire un verre du côté de la rue Oberkampf.
Vue de l’exposition PIKA DON (Colette Brunschwig, Miriam Cahn, Marc Desgrandchamps, Guillaume Leblon, On Kawara), galerie Jocelyn Wolff, Paris, 2012.
Qui dit branché dit galeries. Elles sont aujourd’hui une petite douzaine à s’être installées là, non loin du Plateau/FRAC Île-de-France, avec pour première motivation le faible niveau des loyers. Si nombre de collectionneurs ont encore du mal à sortir du sacro-saint Marais, quartier traditionnel des galeries d’art contemporain à Paris, l’effet de mode a depuis fait son effet – faisant parfois grimper de manière quelque peu présomptueuse la cote de certains très jeunes artistes. Au point que certains ne se voient pas changer de code postal et s’accrochent vaille que vaille à leurs 10e et 19e arrondissements.
« Esprit Belleville », es-tu là ?
Parmi les premiers, Jocelyn Wolff a ouvert sa galerie en 2003, avec un solo show de Clemens von Wedemeyer, artiste allemand alors peu connu en France. Installé rue Julien-Lacroix en 2006, le galeriste confie son local à l’artiste américain Oscar Tuazon, qui fait le choix de laisser les espaces à vif, à coups de recyclages successifs. Défricher l’art dans des espaces volontairement en friches… Ce serait donc ça, « l’esprit Belleville » ? Peut-on pour autant parler d’une « esthétique Belleville » ? Pas vraiment. Car si les vernissages ont généralement lieu le même jour, les propositions diffèrent – et c’est tant mieux.

Laurel Nakadate, Exorcism 3 (Dancing in the Desert with Britney), 2009, vidéo. Courtesy Suzanne Tarasieve Paris.

Ainsi de jeunes artistes en pleine ascension, tels Ernesto Sartori (chez Marcelle Alix), Florian & Michaël Quistrebert (Crèvecœur), Nicolas Milhé (Samy Abraham) ou Jessica Warboys (Gaudel de Stampa) accèdent à la visibilité, tandis que d’autres plus confirmés trouvent leur place sur la butte, comme Pierre Bismuth dans les beaux espaces de la galerie Bugada & Cargnel. Belleville est le coin des expérimentations, avec des lieux comme castillo/corrales, galerie/librairie dirigée par un collège de critiques d’art et d’artistes, ou Contexts, à la fois « bureau d’études, agence de production/diffusion et espace d’exposition ».
Une galerie plus confirmée, comme Suzanne Tarasieve, conserve un pied-à-terre à Belleville (le beau Loft 19, passage de l’Atlas), mais a choisi un prudent repli vers le Marais, plus accessible aux collectionneurs et autres touristes de l’art. Alors Belleville, un eldorado ? Plutôt un point de départ où il fait bon rester un certain temps.

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