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Au pied du mur, mais la tête dans les nuages, une image de Chris Killip

Alice Poujol 31 mai 2012

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Le Bal consacre une rétrospective aux photographies de l’Anglais Chris Killip. Un parcours qui cartographie une Angleterre en pleine mutation. Analyse d’un de ses clichés, loin des stéréotypes.

Chris Kilip est né en 1948, à Douglas, sur l’île de Man. Il se passionne pour la photographie et s’inspire des travaux des photographes américains Walker Evans et Paul Strand. Dans les années 1970, il commence à photographier le paysage en plein bouleversement de son île natale. C’est le point de départ de son œuvre, qui décrit le passé proche d’une Angleterre en pleine désindustrialisation.

Le travail documentaire de Chris Killip est incarné, souvent  narratif, il se distingue de la grandiloquence du photojournalisme par sa subjectivité assumée. Portraits d’individus et de territoires qu’il fait déborder de leur cadre social. Sur ses photographies en noir et blanc, se succèdent chantiers navals et paysages bucoliques, pique-nique familial sur une plage envahie de débris et punks en transe, sexagénaires exhibant fièrement le plateau d’argent du jubilé de la Reine et gamins en bord de mer juchés sur un chariot de houille. Fragments subtils de réalité qu’il capture dans toute son ambiguïté, comme le montre cette photographie.

Chris Killip, Le mur du grand amour, centre-ville de Gateshead, Tyneside, 1975 © Chris Killip.

Plan moyen, scène de rue. Un homme se tient près d’un mur sur lequel on voit des graffitis. Au sol, le vent fait valser des feuilles de journal.  Le noir et blanc accentue les griffures sur les briques, les cheveux blanchis du personnage.

Le cliché a été pris à Gateshead une ville du Nord-Est de l’Angleterre. Un paysage ouvrier, privé de son patrimoine médiéval par un incendie gigantesque, qui fit dire à l’auteur J.B. Priestley : « Aucune vraie civilisation n’a pu produire une telle ville, qui n’est rien d’autre qu’un immense dortoir crasseux. » Comme beaucoup de lieux photographiés par Killip, elle a subit la désindustrialisation et la Grande Dépression. La population souffre encore d’un fort taux de chômage. On relèvera cette anecdote récente : une femme d’origine étrangère s’est vu refuser un visa pour Gateshead, le motif de son voyage, le tourisme, ayant été jugé peu crédible par les services d’immigration. Pourtant, la ville n’est plus le « dortoir crasseux » qu’elle était. Elle accueille désormais des infrastructures de qualité, comme le centre d’art international BALTIC.

Une impression de misère semble dominer. L’homme se tient de dos, comme indifférent aux mouvements du monde (les journaux qui s’envolent), sa veste est déchirée à l’épaule. Le trottoir est jonché de papiers sales, principalement des pages de réclames publicitaires. Les briques, matériau ouvrier par excellence, s’étendent d’un bout à l’autre de l’image, qu’elles semblent refermer complètement.

Pourtant, et c’est là le twist de l’image, il ne s’agit pas un portrait de la misère. La photo a été prise par une journée ensoleillée. L’ombre de l’homme semble regarder le ciel. Ce portrait « au pied du mur » devient un portrait « la tête dans les nuages ». Les inscriptions sur le mur sont des témoignages d’amour : TRUE LOVE puis, à deux reprises : LOVE. Ce mur du grand amour n’est plus un espace de séparation mais d’expression, d’appropriation, de liaison pour une population qui refuse de se laisser broyer par la pauvreté.

CHRIS KILLIP ET JOHN SMITH

12/05/2012 > 19/08/2012

Le BAL

PARIS

Photographe majeur de la scène britannique, Chris Killip, dès le début des années soixante-dix, a ouvert à la photographie documentaire...

Exposition terminée
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