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Les Archives nationales déménagent en Seine-Saint-Denis

Alice Poujol 29 mai 2012

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Les Archives nationales ont entamé la semaine dernière leur grand déménagement vers le nouveau site de Pierrefitte-sur-Seine. Un transfert qui devrait durer 24 mois et qui s’opère sur fond de conflit social.

L’agenda est encore flou – il faut inventorier et dépoussiérer chaque pièce avant le voyage et ensuite effectuer de nouveaux contrôles – mais le ballet des camions dans la Cour de l’hôtel de Soubise a bel et bien commencé. Un transfert méthodique, pôle par pôle, qui rendra indisponibles les documents concernés pendant plus d’un mois. Pour en savoir plus consulter le calendrier prévisionnel.

Le transfert devrait se terminer en octobre 2013. On estime à plus de 200 kilomètres linéaires la longueur de rayonnages d’archives à déplacer, ou plutôt à « redéployer », puisqu’il s’agit du maître mot de l’opération. Des centaines de camions sont mobilisés pour un déménagement effectué sous haute sécurité, à raison d’environ 3 kilomètres linéaires de documents par semaine, pour un coût total estimé à 19 millions d’euros.

Bâtiment principal des Archives nationales, à Paris, crédits : Wikimedia Commons.

Les Archives nationales étaient jusqu’ici réparties en deux sites : l’hôtel de Soubise à Paris, ouvert en 1808, auquel on annexa plus tard l’hôtel de Rohan, regroupait les documents antérieurs à 1958, tandis que le bâtiment moderne de Fontainebleau, achevé en 1969, conservait les archives postérieures à cette même date. Arrivés à saturation, les locaux déjà existants ne pouvaient plus conserver les documents dans des conditions satisfaisantes.

En projet depuis 2004, le déménagement concerne les fonds postérieurs à 1790. Les archives de l’Ancien Régime et le minutier des notaires resteront dans le Marais. Les archives numériques, orales et audiovisuelles seront regroupées à Fontainebleau, aux côtés des fonds privés d’architectes et des archives sérielles et nominatives. Tout le reste migrera vers le nouveau site de Pierrefitte-sur-Seine, conçu par l’architecte Italien Massimiliano Fuksas.

Le nouveau site de Pierrefitte-sur-Seine, imaginé par Massimiliano Fuksas © Didier Plowy / MCC.

Le bâtiment aux allures de coffre-fort en acier et verre, ajouré de croisillons en losange, devrait ouvrir au public en janvier 2013. Il contiendra 220 magasins d’archives et 320 kilomètres de rayonnages, ainsi qu’une salle de lecture. Seront du voyage les archives présidentielles, les procès-verbaux des assemblées révolutionnaires et les juridictions de la Seconde Guerre mondiale.

La CGT, qui avait prévu de faire grève le premier jour du déménagement, a finalement levé son préavis. L’organisation syndicale dénonce des mutations « forcées » et un manque d’effectifs (55 à 70 postes supplémentaires seraient nécessaires). Des négociations sont en cours.

Autre grand changement pour les archives nationales, la Maison de l’histoire de France, qui devrait ouvrir en 2015 dans l’hôtel de Soubise. Un projet estampillé UMP qui avait suscité un tollé auprès de l’intersyndicale des Archives de France. La pétition des partenaires sociaux aurait reçu plusieurs dizaines de milliers de signatures, dont celles des artistes Jacques Villeglé et Daniel Dezeuze. Pour le moment, le nouveau gouvernement ne s’est pas prononcé sur le projet.

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