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Culture : Aurélie Filippetti nommée rue de Valois

Magali Lesauvage 22 mai 2012

Passation de pouvoir rue de Valois. Aurélie Filipetti remplace Frédéric Mitterrand à la tête du ministère de la Culture et de la Communication. 

Élu le 6 mai 2012, le président de la République François Hollande, et son Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, ont fait connaître le 16 mai dernier au soir la composition de leur premier gouvernement. En tout, 34 ministres et ministres délégués – dont une moitié de femmes –, certains impliqués dans la vie politique française de longue date (Laurent Fabius, Michel Sapin, Christiane Taubira), d'autres à peine quarantenaires (Najat Vallaud-Belkacem, Cécile Duflot, Delphine Batho). A leur tête, un chef de gouvernement qui a su faire preuve, dans la ville de Nantes dont il est maire depuis 1989, d'une forte implication du politique dans le culturel (lire notre article « Nantes, l'art à l'ouest »), et déclarait en 2010 au magazine L'Œil : « La culture libère une collectivité comme elle libère un individu ».

Daniel Buren, Mille Plateaux, Ministère de la Culture et de la Communication, Palais-Royal, Paris © DR.

Parmi la jeune génération de ces hommes et femmes politiques accédant aux plus hautes fonctions, Aurélie Filippetti (39 ans dans trois semaines), députée PS de Moselle chargée des questions de culture dans l'équipe de campagne de François Hollande, a été nommée ministre de la Culture et de la Communication. Elle succède à Frédéric Mitterrand, de 26 ans son aîné, en poste depuis juin 2009. Un net rajeunissement de profil – et une féminisation qui ne doit pas faire oublier ses prédécesseurs (Françoise Giroud en 1976-1977, Catherine Trautmann en 1997-2000, Catherine Tasca en 2000-2002, Christine Albanel en 2007-2009). Pour la seconder, Laurence Engel, jusqu'ici directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris, a été nommé directrice de cabinet, tandis que David Kessler, directeur général des Inrockuptibles et ex-directeur de France Culture, rejoint directement l'Elysée comme conseiller médias et culture.

Normalienne, agrégée de lettres classiques, auteure de deux romans (Les Derniers Jours de la classe ouvrière, en 2003, et Un homme dans la poche, en 2006), présidente du conseil d'administration du Festival international du documentaire de Marseille, Aurélie Filippetti semble plus proche des milieux littéraires ou du cinéma que de ceux des arts plastiques, de la musique ou du spectacle vivant. Elle a su cependant marquer un point pour le camp artistique en consacrant samedi dernier deux heures à la visite du Mac/Val, à Vitry-sur-Seine, à l'occasion de la Nuit européenne des musées.

L'art en second plan

On sait déjà cependant que les grands dossiers qui attendent la jeune ministre, sans expérience aucune dans le champ de l'art et des musées, ne concerneront pas en priorité la création contemporaine et le patrimoine. En première ligne, elle devra d'abord s'atteler à l'éventuelle suppression de la loi Hadopi (dont elle réprouve le système de sanction, sans apporter encore de réponse claire au sujet du téléchargement illégal), à la loi pour la protection des sources des journalistes, à la réforme du CSA et du statut des intermittents du spectacle, ou encore à l'éducation artistique.

En ce qui concerne les musées et le patrimoine, on conseillera de suivre avec attention la page consacrée par le site louvrepourtous.fr aux citations d'Aurélie Filippetti. Parmi les plus petites phrases prononcées depuis sa prise de fonction, et qui annoncent la couleur : « Un mécénat, oui, mais encadré », « Les périodes où la gauche a été au pouvoir sont des périodes qui étaient bénéfiques pour le patrimoine », ou encore « Ma conception de l’art, c’est l’art accessible à tous ».

Une semaine après sa nomination, Aurélie Filippetti – qui se présente à nouveau aux élections législatives en Moselle et pourrait perdre son portefeuille en cas de défaite, comme cela sera le cas pour tout ministre vaincu du gouvernement Ayrault I – doit maintenant passer aux actes.
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