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Précieuses pierres de Chine au musée Guimet

Alice Poujol 15 mai 2012

L’exposition Rochers de lettrés au musée Guimet propose de revenir sur l’histoire de ces minéraux présents dans les cabinets d’études des hommes de lettres, et dans la culture chinoise en général.

Pierre à encre, pierre écran, pierre-montagne, repose-pinceau… Les roches exposées au musée Guimet ne sont pas des cailloux ordinaires. Élément essentiel du jardin chinois, le rocher est un fragment de montagne, un morceau de cosmos prisé autant pour sa valeur symbolique que pour ses qualités esthétiques. Complémentaire de l’eau, il est souvent posé près des bassins pour équilibrer la composition de ces micro-paysages soigneusement agencés. Comme toute chose terrestre, le rocher est à la fois yin et yangYang par sa solidité, sa forme. Yin par les trous, les vides qui le perforent.

Écran de table enchâssant une pierre de yun, motif « Damo traverse la mer », Damo du hai, dynastie Ming, collection du studio Xiaogushan guan © DR.

Le cabinet du lettré emprunte au jardin chinois cette idée de monde miniature. Tout à la fois retraite et cabinet de curiosité, il est un lieu de plaisir et de méditation. Le lettré, qu’il soit fonctionnaire d’état ou non, y vit retiré ou semi-retiré du monde. Pour poser ses pinceaux, broyer l’encre ou encore orner sa table, il collectionne les pierres aux formes insolites qu’il affectionne parfois au point de leur dédier des poèmes ou des tableaux. Cette tradition culmine pendant la dynastie Ming, où le goût pour les objets et les antiquités est particulièrement prononcé et se prolonge jusqu’à nos jours.

Pierres, racines et tournesols

Rocher aux cavernes grottes ciels, dongtian xiu shi, pierre taihu noire, dynastie Ming, collection du studio Xiaogushan guan © DR.

Le parcours du musée Guimet laisse la part belle à ces roches, qu’elles aient été trouvées tel quel dans la nature, ou qu’elles aient été copiées d’après nature par la main de l’homme, à l’encre ou en céramique. Certaines sont enchâssées dans des tableaux : ce sont les pierres-écrans dont les motifs abstraits évoquent des paysages fantastiques. D’autres érigées sur des socles ont des formes tortueuses. Les pierres-montagnes ont des noms poétiques : « Rocher aux cavernes grottes ciels », « Pierre des Neuf Splendeurs », « Montagne qui efface les nuages »...

Écran dressé sur une base, racine noueuse, dynastie Qing, collection du studio Xiaogushan guan © DR.

Plus intrigants encore sont les fragments de végétaux qui peuplaient le cabinet du lettré. Calebasses nouées, enchevêtrements de racines ou morceaux d’écorce, leurs formes baroques ne semblent pas être le fruit du hasard. Ces éléments inspirent la composition des chasse-mouches, mais aussi des sceptres ruyi, tout à la fois objets décoratifs et talismans apportant bonne fortune et pouvoir. Le temps fort de l’exposition est le cabinet reconstitué avec sa table et son lit constitué d’entrelacs de racines assemblées.

Table à cithare, qin zhuo, bois naturel, dynastie Ming, collection du studio Xiaogushan guan © DR.

Le parcours s’achève sur l’époque contemporaine avec les portraits de pierres par Zeng Xiaojun et les encres de Liu Dan, inspirées des Tournesols de Van Gogh et accompagnées d’un colophon contenant un fragment d’une lettre du peintre à son frère Théo. Un accrochage surprenant où les œuvres de la nature et celles de l’homme se mélangent, au point parfois de tromper le visiteur.

ROCHERS DE LETTRÉS

28/03/2012 > 25/06/2012

Musée Guimet

PARIS

Cette exposition d’envergure internationale enrichie de prêts exceptionnels provenant de Chine et des Etats-Unis, a pour objectif de rend...

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