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Salon de Montrouge 2012 : artistes émergents à suivre

Alice Poujol 8 mai 2012

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Du 3 au 30 mai, le salon de Montrouge réinvestit le Beffroi, ancien théâtre de la ville devenu centre culturel. Un événement consacré aux artistes émergents sous le commissariat artistique de Stéphane Corréard. La 57e édition est également marquée par la présence de Jan Hoët, président de jury, et celle de l’artiste Olivier Mosset, invité d’honneur. 

Il y a de tout à Montrouge, du plasticien déjà reconnu à l’étudiant en art (grâce notamment à la mise en avant des élèves du département des arts plastiques de l’Université Paris I). En tout 80 artistes ont été retenus parmi les 2200 dossiers examinés par le jury. Les compartiments du parcours permettent de mettre en avant ces démarches singulières, du handmade (ananas emmaillotés de laine de Cyril Aboucaya) au ready-made (rouleaux de scotch empilés de Benjamin Sabatier).

Cyril Aboucaya, Pull-overs pour ananas, 2011 © Laure Vigna.

On découvre l’atelier de savant fou de Silures, un collectif pluridisciplinaire qui propose de boxer une installation vidéo, de pulvériser une image grâce à un jeu de tir et de faire de la musique avec des maneki-neko, ces chats porte-bonheur que l’on trouve souvent dans les restaurants asiatiques. On feuillette la Bibliothèque fantastique d’Antoine Lefebvre (étudiant et artiste-éditeur). On contemple les œuvres d’Henrik Potter, lauréat du Prix spécial du jury, qui crée des œuvres énigmatiques avec des matériaux pauvres : pailles à cocktail, masques de papier, toile brodée. Dans une salle à part, des vidéos sont projetées. Éponine Momenceau, lauréate du prix du Conseil général des Hauts-de-Seine, y présente son travail avec pour matières premières le temps et la lumière.

Éponine Momenceau, image extraite de Song #, 2011.

Certains artistes utilisent des matériaux farfelus : favelas reconstituées en escargots vivants de Géraldine Py et Roberto Verde et motifs géométriques dessinés par des granules de mort aux rats de Benoit Ménard. D’autres exposent leurs collections : les listes de courses d’Antonio Contador, Les Parfums des Pauvres de Fabienne Audéoud.  Les cartes sémantiques fantaisistes tracées à même le mur de Lucie Watts font écho aux Struptures de Rafaela Lopez. Nicolas Garait-Leavensworth collectionne les coupures de presse concernant l’actrice Jean Seberg comme pour tenter d’élucider sa mort, tandis qu’Olivier Terral enregistre les témoignages des pensionnaires d’un hôpital.

Maxime Chanson, Salon de Montrouge 3-30 mai 2012, 2012.

On pourrait dresser indéfiniment des parallèles entre les démarches exposées à Montrouge. Difficile pourtant d’atteindre la rigueur de Maxime Chanson qui ouvre le parcours du salon avec son œuvre L’omniscient obsolète. Dans cet organigramme qui pourrait passer pour un sommaire d’exposition, il poursuit son travail commencé dans son ouvrage paru aux presses du réel. Il classifie les démarches des artistes exposés en fonction des courants esthétiques dans lesquels ils s’inscrivent. Un ensemble de catégories, de sous-catégories et de sous-sous-catégories qui lui permet de dégager les tendances artistiques de notre temps. Une synthèse géniale qui a valu à l’artiste le Grand Prix du Salon 2012.

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