« Le Cri » de Munch vendu à un prix record
Alice Poujol • 4 mai 2012Grand absent de la rétrospective Munch au centre Pompidou, Le Cri est l’une des œuvres les plus connues au monde. Il en existe quatre versions différentes, cinq si l’on compte la lithographie réalisée par l’artiste.

Edvard Munch, Le Cri, 1895, courtesy Sotheby’s.
Ce dessin au pastel exécuté en 1895 a la particularité d’avoir des couleurs bien plus franches que celles des autres versions. Les traits qui composent le ciel semblent sur le point de se fondre avec la terre et l’eau que l’on aperçoit au loin. Le cri qui déforme le visage du personnage central lui confère un aspect inhumain, presque spectral.
Autre spécificité de l’œuvre : le texte peint à la main sur le cadre que l’artiste a tiré de son propre journal :
« Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d'un coup le ciel devint rouge sang je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j'y restai, tremblant d'anxiété — je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers et qui déchirait la nature. »
L’œuvre adjugée chez Sotheby’s appartenait jusqu’ici au businessman Petter Olsen, fils de Thomas Olsen, ami et mécène de Munch. Mis en vente à 40 millions de dollars, le tableau a été disputé par sept acheteurs différents. L’acquéreur a souhaité rester anonyme.

