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Les derniers pharaons ressuscités à Jacquemart-André

Alice Poujol 26 avril 2012

Le musée Jacquemart-André consacre une exposition à l’Antiquité égyptienne tardive. Le Crépuscule des Pharaons rassemble une centaine d’objets dans un parcours destiné au grand public.

Le musée Jacquemart-André semble devoir rester toujours hors du temps. En préambule de l’exposition Le Crépuscule des Pharaons, quelques statues et statuettes funéraires sont présentées parmi les tapisseries, les vases précieux et les toiles de la collection permanente. Ici, un minuscule sarcophage pour musaraigne momifiée, là une statue accroupie. Un très beau rapprochement qui rappelle qu’Édouard André et Nélie Jacquemart comptaient dans leur collection d’objets d’art quelques trésors d’égyptologie.

Mais c’est au dernier étage, non loin du Jardin d’hiver et de la fresque de Tiepolo que commence l’exposition. Très didactique, le parcours explique comment, lors du dernier millénaire avant notre ère, les différents monarques étrangers qui ont envahi l’Égypte se sont approprié son art et ses traditions funéraires et religieuses. Contrairement à l’exposition Un jour j’achetai une momie au musée des Beaux-Arts de Lyon, consacrée aux collections d'Émile Guimet, la question de l’archéologie n’est pas abordée. Il s’agit ici d’initier le public à une période méconnue de l’art égyptien.

Tête verte de Berlin, probablement Ier siècle avant notre ère © SMB Ägyptisches Museum und Papyrussammlung / Sandra Steiß.

Statues et statuettes

Les statues, quoique parfois légèrement ébréchées, nous sont parvenues sans avoir rien perdu de leur modelé. Les dynasties tardives admirent la statuaire des pharaons antérieurs mais en affinent considérablement la facture. Dans une salle consacrée aux visages, on découvre par exemple cette surprenante sculpture de l’époque ptolémaïque (entre -300 et -30 avant J.-C.), surnommée la Tête verte de Berlin, avec des plis marqués autour des yeux et des oreilles.

Statue-cube de Padichahédédet, 664-525 avant notre ère © Patrick Pierrain / Petit Palais / Roger-Viollet.

Autre représentation singulière, la statue-cube. Trois d’entre elles sont réunies dans l’exposition, dont celle de Padishahededet. Le sujet est représenté assis, ramassé sur lui-même. L’aspect massif que cette posture particulière donne à la sculpture lui permet de mieux résister au temps.

Objets pour l’au-delà

Les traditions funéraires sont aussi largement reprises. Le parcours a choisi de rassembler les différents objets issus du tombeau du prêtre Ânkhemmaât. On y trouve une troupe de serviteurs funéraires en faïence bleue et bien sûr, le sarcophage et le masque funéraire du défunt.

Masque funéraire d’Ânkhemmaât, IVe siècle avant notre ère © D.R. / Paul Louis.

Les tombeaux de cette époque étaient moins spacieux et donc moins fournis. On retrouve tout de même papyrus, vases canopes destinés à accueillir les viscères momifiées et stèles, tandis que la plupart des hiéroglyphes présents dans les tombeaux réclamaient de la nourriture pour le défunt.

Dieux et déesses

Statue de Bastet sous forme de chatte dite « GayerAnderson Cat », 664-525 avant notre ère © The Trustees of the British Museum.

Horus, Thôt, Osiris… les dieux égyptiens n’ont semble-t-il jamais quitté les bords du Nil. De très belles statuettes viennent conclure cette exposition. Comme celle du dieu Bès, divinité aux traits grotesques ou celle de Bastet, à l’effigie d’un chat avec des anneaux dorés dans les oreilles et les narines. Les objets proviennent de musées des quatre coins du monde parmis lesquels le British Museum de Londres et le Metropolitan Museum de New York. Une occasion unique de les voir réunis dans ce très beau musée parisien.

LE CRÉPUSCULE DES PHARAONS

23/03/2012 > 23/07/2012

Musée Jacquemart-André

PARIS

Pour la première fois, une exposition aborde l’art du dernier millénaire de l’histoire pharaonique (1069-30 avant notre ère), vérita...

exposition terminée
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