Votre action a été enregistrée avec succès !

Publiez une expo

Magazine » On a vu

expo_une_favori
expo_cercle_1 GARRY WINOGRAND

14/10/2014 > 08/02/2015

Jeu de Paume

- PARIS

expo_cercle_3 INSIDE

11/10/2014 > 11/01/2015

Palais de Tokyo - PARIS
expo_cercle_4 WILLIAM EGGLESTON

09/09/2014 > 21/12/2014

Fondation Henri Cartier-Bresson - PARIS
expo_cercle_5 HOKUSAI

01/10/2014 > 18/01/2015

Galeries nationales du Grand Palais - PARIS

La Triennale, si loin, si proche

Magali Lesauvage 23 avril 2012

C'est l'un des événements marquants de ce printemps artistique 2012. La réouverture du Palais de Tokyo, après dix mois de travaux, coïncide avec l'inauguration de la Triennale, expo-marathon dont le thème, l'« Intense proximité », joue sur le dialogue avec l'autre, et sur l'émotion.

Vue de La Triennale, Intense Proximité, Palais de Tokyo, Paris, 2012. Photo : André Morin.

Vous vous souvenez de la Force de l'art, épisodes 1 et 2, au Grand Palais ? En 2006 et 2009, cette manifestation orchestrée par le CNAP (Centre national des arts plastiques) était censée présenter la vitalité de la scène artistique made in France. 2012, épisode 3 : plutôt que de se regarder le nombril, cette troisième édition, qui au passage se débarrasse de ce nom pompeux et vide de sens pour prendre celui de « Triennale », s'ouvre aux autres et à l'Autre. Elle est placée sous le commissariat de l'Américain d'origine nigériane Okwui Enwezor, actuel directeur de Haus der Kunst à Munich, qu'assistent quatre jeunes curateurs français. L'exposition rassemble au Palais de Tokyo (ainsi que dans plusieurs lieux annexes à l'occasion de rendez-vous ponctuels) quelques 130 artistes et des centaines d'œuvres autour d'une locution, « Intense proximité ». Un demi-alexandrin poétique qui sonne comme une invitation au rapprochement entre les spectateurs, les artistes et les œuvres.

Geta Brătescu, La Règle du cercle, La Règle du jeu n. 1,1985. Courtesy de l’artiste et Ivan gallery, Bucarest.

Labyrinthe post-moderne

Pas d'itinéraire imposé dans ce labyrinthe post-moderne qu'est le Palais de Tokyo (soit 5 500 m² d'espaces d'expo sur 22 000 au total), des informations rassemblées dans un guide de visite épais comme un missel que l'on n'ose à peine ouvrir... Règne ici un certain désordre que vient encadrer l'intervention in situ de Daniel Buren, dont les fameuses bandes de 8,7 cm de large sont peintes sur les grilles qui délimitent les espaces d'expo. Par ce signe d'une extrême discrétion, l'artiste semble nous dire : c'est ici et maintenant qu'il faut regarder, là est le territoire de l'art, du symbolique, d'une dimension autre.

Vue de La Triennale, Intense Proximité, Palais de Tokyo, Paris, 2012.

Proximité : il en est effectivement question, avec un fort accent porté sur l'aspect documentaire auquel s'attache une partie de l'art d'aujourd'hui. La figure de Claude Lévi-Strauss hante cette Triennale, dans laquelle on retrouve ses carnets de croquis réalisés auprès des populations autochtones du Brésil. Intensité : celle qui préside à l'association de formes et de faits, d'œuvres et de constats. Ainsi l'artiste américaine Lorraine O'Grady, née de parents jamaïcains, confronte-t-elle des photos de famille à des sculptures égyptiennes, imaginant une généalogie mythique entre les anciens rois et les fils d'esclaves. En second plan d'un certain nombre d'œuvres, la question de la mondialisation des échanges humains et matériels, et d'une manière plus large des juxtapositions forcées, est omniprésente : dans le patchwork de capsules métalliques d'El Anatsui, les étagères d'objets de Haim Steinbach, ou les photos de jungle sans recul de Thomas Struth.

Vue de La Triennale, Intense Proximité, Palais de Tokyo, Paris, 2012. Photo : André Morin.

Empathique, connectée, la Triennale donne souvent dans l'émotion, comme dans la Frise des trésors de guerre de Sarkis, qui combine images de guerre trash et objets ethnographiques, les photographies de mort violente glanées par Thomas Hirschhorn ou les performances d'Ewa Partum imposant son corps nu dans l'espace public asphyxié. Cette Intense proximité forcée entre le spectateur et l'œuvre multiplie les corps-à-corps et finit par épuiser l'attention, à la manière des biennales de grande ampleur. Multiple, complexe, la Triennale s'impose cependant comme un événement majeur d'art contemporain qui manquait encore dans la capitale.

LA TRIENNALE 2012

20/04/2012 > 26/08/2012

Palais de Tokyo

PARIS

Durant le printemps 2012, la troisième édition de La Triennale d’art contemporain se déplace de la nef du Grand Palais pour investir le...

exposition terminée
PRESSE
MEMBRES
AJOUTER UN COMMENTAIRE