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Ça & là, l’exposition hors les murs

Alice Poujol 20 avril 2012

Pour les dix ans du Pavillon (Laboratoire de création du Palais de Tokyo), l’artiste Claude Closky est invité comme commissaire de l’exposition anniversaire à la Fondation Ricard. Plutôt que de sélectionner parmi les artistes qui ont exposé au Pavillon, il a choisi de les choisir tous et de les laisser présenter leurs œuvres où ils le souhaitaient.

Où sont les œuvres de Ça & là ? Pas à la Fondation Ricard, où est simplement affiché le chemin de fer du futur catalogue. En tout, 200 feuilles A4 imprimées en noir et blanc sont punaisées au mur. On voit alterner sur leur surface une photographie en pleine page et une légende accompagnée d’un carré gris, à la manière d’un avant/après inachevé. D’un côté, le contexte (un intérieur, un extérieur, un site internet…), de l’autre, l’œuvre encore absente. Le catalogue complété sera publié le jour du finissage, le 21 mai.

Accumulation

Claude Closky a laissé chacun prendre l’entière responsabilité du lieu, du moment et des conditions d’accrochage de son œuvre. Une singularité qui fait écho à son propre travail d’artiste qui joue souvent avec l’accumulation et l’inventaire, l’immatérialité de l’œuvre et la multiplicité des supports.

Ça & là sur GoogleMaps.

L’exposition a donc lieu ailleurs, hors-les-murs, un peu partout, çà et là. Sa durée est sa seule limite. La Fondation Ricard met à disposition du visiteur une carte en papier, ainsi qu’une autre sur GoogleMaps pour lui permettre de débusquer les différentes pièces de l’exposition. Ça & là regroupe 74 propositions d’artistes, parfois éphémères, souvent insaisissables, mais toutes singulières.

Dissémination

La plupart des artistes ont choisi d’investir des lieux parisiens. Jaime Lutzo a installé à la Bibliothèque nationale Richelieu Into the Light of the Dark Black Night, un dispositif multimédia qui permet de consulter une programmation vidéo tout en lisant Georges Bataille. Jiří Skála active sa performance Augure n.3 tous les jours de 9h à 10h : deux acteurs se suivent sur un même trajet, du quartier du Château d’eau à celui de Saint-Denis.

Jiří Skála, Augure n.3, 2012.

Adam Vackar a choisi l’affichage sauvage. Sur des posters noirs, il écrit les ingrédients du shampoing comme s’il s’agissait de poèmes.

Adam Vackar, Shampoo Poems, 2011.

Quelques propositions ont lieu ailleurs, loin de Paris. Apichatpong Weerasethakul a installé une bibliothèque éphèmère dans une épicerie de Chiang Mai, en Thaïlande. Charlotte Beaurepaire et Franck Gouéry sont allés en Erythrée, l’un des pays du monde où les droits humains sont le moins respectés pour y faire un affichage sauvage : Silver, salt, paper, bits : money is trust.

Charlotte Beaurepaire et Franck Gouéry, Silver, salt, paper, bits : money is trust, 2012, Massawa, Erythrée.

Parmi les propositions les plus insolites, celle de Charlotte Seidel, intitulée After you et qui consiste à maintenir une flaque d’eau en place près du métro Jules Joffrin, à Paris. Samir Ramdani et Serge Stephan ont choisi, eux, d’accrocher leur œuvre dans le décor du prochain film de Michel Gondry, L’écume des jours.

Déambulation

Une dissémination voulue qui engage le spectateur à parcourir la ville et les espaces virtuels à la recherche de points précis, comme lors d’une chasse au trésor comme lors d’une chasse au trésor dont les différentes étapes ne seraient pas reliées. Ce mode de déambulation évoque les dérives urbaines imaginées par Guy Debord. Le spectateur n’est plus lié à l’œuvre par un rapport d’obligation mais prend avec elle un « rendez-vous possible ».
ÇA & LÀ

11/04/2012 > 19/05/2012

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