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Nantes, l’art à l’ouest

Magali Lesauvage 12 avril 2012

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Métropole située en tête de proue du Grand Ouest français, Nantes garde de son passé d’ancienne résidence des ducs de Bretagne et de grande capitale commerciale ouverte aux ailleurs un aspect de cité raffinée et un goût pour la chose culturelle. Alors que le Voyage à Nantes, cet été, promet de « renverser la ville », une belle diversité de lieux démontre un dynamisme décomplexé. Itinéraire entre Erdre et Loire.
Inauguré le 25 mars dernier par Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage s’étend le long des rives de la Loire, face aux constructions fantasmagoriques des Machines de l’île. Pour un coût estimé à huit millions d’euros, il vient rappeler le passé douloureux de celle qui fut la capitale de la traite négrière et le point septentrional du commerce triangulaire avec l’Afrique et l’Amérique. Inoculant le souvenir, le Mémorial est censé permettre de « lutter contre toutes les formes d’esclavage moderne et d’aliénation des droits de l’Homme », et marque le paysage de la ville comme le discret stigmate d’une faute ancienne.
Château des Ducs de Bretagne, Nantes © Plindenbaum.
Autre repère historique, à quelques pas de là, le Château des ducs de Bretagne impose sa sévère stature cubique et rappelle que Nantes fut un temps politiquement (si ce n’est culturellement) bretonne. Au cœur de la ville, il en revisite l’histoire à travers des expositions comme actuellement Nantaises au travail. Fermé pour travaux, le musée des Beaux-Arts, fondé il y a plus de deux siècles, s’enorgueillit d’une collection majeure – avec notamment de nombreux caravagesques, de La Tour, Rubens, Ingres et Monet – et présente, en attendant sa réouverture à l’automne 2013, une série d’expos dans la somptueuse Chapelle de l’Oratoire.

Extrait de Henriette Zéphir, une femme sous influence, vidéo, Collection de l’Art Brut à Lausanne – Photo © Mario Del Curto, Un week-end singulier, Lieu Unique, Nantes.

Lieu Unique, lieu de vie
Mais le centre névralgique de la culture à Nantes reste le Lieu Unique, installé dans les anciens locaux de la biscuiterie LU, réhabilités par l’architecte Patrick Bouchain (auquel on doit également le Magasin de Grenoble, la Ferme du Buisson, la Condition publique à Roubaix…). Après douze ans de bons et loyaux services rendus à l’art, la musique, le spectacle vivant, mais aussi la philo, l’art culinaire, etc., le LU est un lieu de vie dont la programmation n’a rien à envier aux grandes institutions parisiennes. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil à l’actualité : une exposition sur la peinture chez les jeunes artistes français (La belle peinture est derrière nous), des concerts de Daniel Johnston ou Dominique A, un festival radiophonique, ou encore des événements concentrés sur plusieurs jours, comme Un week-end singulier (du 19 au 22 avril), qui présente des « pratiques artistiques en marge ».
Vue de l’exposition Jean-Michel Sanejouand, Hangar à Bananes, Nantes, 2012 © Marc Domage.
Une pluridisciplinarité que l’on doit à Jean Blaise, fondateur du Lieu Unique et de la manifestation Estuaire, parcours artistique qui s’intègre cette année au Voyage à Nantes, structure événementielle qui a tout, sur le papier du moins, de l’usine à gaz (Jean Blaise fut également directeur artistique de la première Nuit blanche, à Paris, en 2002). Tout l’été, une grande partie des lieux culturels nantais sont réquisitionnés, y compris le Hangar à Bananes ou les manèges des Machines de l’île, attraction majeure des anciens chantiers navals, pour déployer une batterie d’œuvres dans la ville. Entre tourisme et projet artistique, le Voyage à Nantes marque l’aboutissement de deux décennies d’action culturelle menées par le tandem Ayrault-Blaise.
Vue de l’exposition de Julien Nédélec, Déplacer les bornes, Zoo galerie, Nantes, 2012. Courtesy galerieACDC, Bordeaux.
Un dynamisme dont témoigne l’existence de plusieurs galeries d’art contemporain dans la ville, en particulier la Zoo galerie, qui expose depuis une quinzaine d’années la jeune génération d’artistes français (et édite également la revue d’art 02), la galerie Mélanie Rio (où l’on retrouve notamment le Nantais Pierrick Sorin) ou encore la galerie RDV. En périphérie de Nantes, le Grand Café, à Saint-Nazaire propose une programmation d’expos d’artistes contemporains internationaux, auquel font pendant le FRAC des Pays-de-la-Loire, à Carquefou, ou l’espace d’exposition Tripode, à Rezé. Un maillage culturel dense qui fait de Nantes, ancienne ville carrefour, un but de voyage qui aiguise l’imaginaire.

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