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Google Art Project : une immersion dans l’art

Alice Poujol 4 avril 2012

Visiter un musée du bout du monde depuis chez soi, plonger à l’intérieur d’une toile, examiner les détails d’une œuvre, devenir collectionneur ou commissaire de sa propre exposition en ligne… Telles sont les possibilités offertes par Google Art Project. Créé en février 2011, le site a lancé hier sa première mise à jour d’envergure, avec le musée d'Orsay comme musée star. 

Le projet initial comptait 17 musées du monde entier, parmi lesquels, en France, le musée du quai Branly, l’Orangerie, les Domaines de Fontainebleau et de Chantilly, et le château de Versailles. Ils sont aujourd'hui 155 au total et 51 proposent une visite virtuelle, en tous points semblable à Google Street View. L’utilisateur se déplace en utilisant des flèches, mais peut aussi cliquer sur une salle en s’aidant du plan du musée. Il est possible de voir les Rembrandt du Rijksmuseum, se promener dans les galeries du château de Versailles ou observer les porcelaines de la Maison blanche. Cette fonctionnalité permet d’avoir un aperçu de l’œuvre dans son contexte, sans toutefois en saisir le détail.

Sélection aléatoire d'œuvres sur Google Art Project.

Pour une expérience plus approfondie, chaque musée a choisi de numériser certaines pièces de sa collection. Google Art Project héberge aujourd’hui 32.000 œuvres en haute résolution. Parmi elles, 46 ont été photographiées à l’aide d’une caméra multispectrale et sont disponibles en extrême définition (7 milliards de pixels), révélant des détails invisibles à l’œil nu. Grâce à ce procédé, il est désormais possible de compter les cheveux de la Vénus de Botticelli.

L’interface est assez bien conçue. L’internaute sélectionne un musée à l’aide d’un index alphabétique ou d’une carte du monde,  ou fait son choix dans la liste d’artistes ou de titres. Une fois l’œuvre trouvée, la navigation devient plus intuitive. Il suffit de zoomer et de faire glisser l’image. Petite déception : on ne peut pas vraiment tourner autour des objets. Il faut obligatoirement passer par l’option « Vue du musée » et se contenter d’un zoom semi-rapproché.

Sans être aussi démocratique que Youtube (impossible de poster ses propres œuvres ou ses commentaires), la plateforme se présente comme un outil pédagogique complet et raisonné. Un bouton permet de consulter les informations sur l’œuvre (avec parfois des extraits du catalogue ou des vidéos, en anglais), un autre de l’ajouter à sa propre collection, façon tumblr. On peut aussi n’en sélectionner qu’un détail et partager une pièce ou une collection sur les réseaux sociaux.

Mieux qu’un catalogue, Google Art Project inaugure un tout nouveau rapport à l’art. Non seulement parce qu’il permet de les voir depuis chez soi, mais aussi parce qu’il réduit considérablement la distance entre le spectateur et l’objet regardé, au point de lui permettre de s’y immerger. On voit mieux les œuvres que lors de la visite d'un musée, grâce à un « œil »  plus perfectionné, et sans la présence des autres visiteurs, qui peuvent parasiter la contemplation. Un paradoxe très actuel qui soulève la question de la validité de l’expérience virtuelle.

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