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Campagne présidentielle : le détournement champêtre de The Economist

Alice Poujol 30 mars 2012

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La couverture de The Economist du 31 mars transforme Nicolas Sarkozy (à droite du tableau) et François Hollande (à gauche, évidemment) en convives du Déjeuner sur l’herbe de Manet. Une manière de railler une fois de plus la politique française.
 François Hollande et Nicolas Sarkozy insérés dans la toile de Manet © The Economist.
Ce choix du détournement d’œuvre attire l’attention : dans un décor bucolique, les deux principaux candidats à l’élection discourent. François Hollande fixe son adversaire au lieu de regarder le spectateur, comme le fait le personnage de l’œuvre originale, et Nicolas Sarkozy semble plongé dans son propre exposé, au lieu de lui rendre son regard. La femme nue laissée telle quelle au centre souligne la « frivolité » que le journal anglais prête à la campagne présidentielle française.
Or, Le Déjeuner sur l’herbe n’est pas un pique-nique ordinaire. À l’époque de Manet, on le trouvait plus obscène que frivole, à cause du décalage entre les vêtements de ville arborés par les personnages masculin et la nudité totale du personnage au premier plan. The Economist montre l’élection comme l’affaire de deux partis et surtout de deux hommes. L’illustrateur se garde bien cependant de modifier les personnages féminins. On imagine que les réactions de Marine Le Pen, Eva Joly ou Nathalie Arthaud, si elles avaient figuré nues sur cette couverture, n’auraient pas été tendres…
Intitulé « France in Denial » (« La France dans le déni »), l’article qui suit dénonce l’inconséquence des candidats qui, selon l’hebdomadaire britannique, ne prennent pas assez en compte la situation économique de la France. Le texte se montre assez sceptique quant au bilan du président sortant et pas très convaincu par le discours du socialiste. Et de conclure : « Les pique-niqueurs [comprendre les Français] sont sur le point d’être submergés par la dure réalité, quel que soit le président. »

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