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Cinq œuvres qui mettent l’art au bestiaire

Alice Poujol 21 mars 2012

L’art animalier est l’une des plus anciennes formes de représentation. Au Grand Palais, le parcours de Beauté animale s’articule autour des différentes perceptions que l’on a des bêtes. Analyse en cinq œuvres.

L’art animalier commence dès la Préhistoire avec les peintures rupestres. Ce genre à part entière fait naître des vocations, comme celle du sculpteur Antoine-Louis Barye ou de la peintre Rosa Bonheur. Aujourd’hui encore, on lui consacre des salons, repaires d’artistes hyperréalistes jamais très loin du kitsch. Au Grand Palais, les 120 œuvres sélectionnées témoignent de la diversité et de la surprenante expressivité du genre.

Le Rhinocéros de Dürer

Albrecht Dürer, Rhinocéros, 1515 © Paris, Bibliothèque nationale de France.

C’est la reproduction la plus complète qu’il nous reste du rhinocéros d’Inde (une seule corne) que le roi Manuel Ier du Portugal offrit au pape Léon X en 1515. L’animal fut exposé à Lisbonne avant de périr dans un naufrage. Disparu en Europe, le rhinocéros était devenu aussi légendaire que la licorne.

Dürer n’a pas eu l’occasion de voir la bête, mais il a composé sa gravure à partir des nombreux croquis réalisés à l’époque. La précision du trait, la notice qui accompagne le dessin indiquent une préoccupation naturaliste.  Pourtant, l’animal apparaît légèrement modifié. Les plis de sa peau se muent en carapace et une corne supplémentaire pointe sur son échine. Le peintre a procédé par hybridation. La queue a été empruntée à l’éléphant, les pattes sont couvertes d’écailles de reptile. Dans sa notice, Dürer prête à la peau la « couleur d’une tortue tachetée ». Comme dans les cartes de l’époque, l’imaginaire vient combler les lacunes de la science, transformant le rhinocéros en créature fantastique.

La Truite de Courbet

Gustave Coubret, La Truite, 1873 © Réunion des musées nationaux (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski.

On prête souvent une dimension allégorique à ce tableau de Gustave Courbet. Peu après son séjour en prison, l’artiste s’est retiré à Ornans et peint énormément de scènes de pêche. La Truite pourrait symboliser sa propre détresse.

Dans cette nature pas encore morte, Courbet joue habilement de la tension qui anime son sujet. La queue du poisson se tord. L’extrémité du fil de pêche tendu repousse le point de fuite hors cadre. La composition est sobre : à peine quelques touches de rouge pour égayer les couleurs froides des pierres et des mousses du bord de rivière. Une simplicité de surface, qui laisse libre cours aux interprétations romantiques.

Le cheval de Degas

Edgar Degas, Cheval caracolant, date inconnue © Grand Palais / Hervé Lewandowski.

Edgar Degas se passionne très tôt pour les courses hippiques. À la fin de sa vie, il s’aide de statuettes en cire pour réaliser ses toiles. Le Cheval caracolant compte parmi les sculptures les plus « animées » de Degas. Dressé sur ses pattes arrière filiformes, le bronze défie joyeusement les lois de la gravité. Le modelé transparaît, souligné par la patine. Degas ne s’est pas attardé sur les détails de l’animal. La tête, le corps et les membres hâtivement ébauchés, accentuent encore son aspect « pris sur le vif ».

Le chat de Muybridge

Eadweard Muybridge, Animal Locomotion, Pl.720 : chat, 1887, prise de vue après 1872 © Service presse Réunion des musées nationaux - Grand Palais (Musée d’Orsay).

Le photographe Eadweard Muybridge a commencé à étudier le mouvement animal en décomposant le galop d’un cheval. Il dispose sur une piste douze appareils photo, qu’il actionne à distance afin de capturer l’animal à chaque moment de son élan. Muybridge commence alors une série intitulée Animal Locomotion à mi-chemin entre l’étude scientifique et la recherche artistique.

Si l’on fait défiler ses petites photos à l’aide d’un flip-book ou d’un zoopraxiscope (projecteur élaboré par Muybridge), le mouvement se recompose sous nos yeux. Ici, le photographe a choisi de fragmenter les mouvements d’un chat. En pleine course, le félin quitte sa démarche tranquille d’animal domestique et reprend sa nature de petit fauve.

Le singe de Decamps

Alexandre Gabriel Decamps, Le Singe peintre dit Intérieur d’atelier, 1833 © Grand Palais / Michel Urtado.

Alexandre-Gabriel Decamps se décrivait avec humour comme un « peintre de singes ». Il aimait mettre en scène ces animaux en train de se livrer à des activités humaines.

Cette toile est une manière pour l’artiste d’ironiser sur sa pratique, de la « singer ». Decamps reprend un sujet déjà évoqué par Chardin, mais avec des couleurs  plus sombres, des jeux de matière plus appuyés. Ce petit macaque en robe, muni d’une palette et de pinceaux, semble finaliser un paysage.  Comme si un jour, ces animaux que nous regardons et que nous représentons pouvaient nous représenter à leur tour.

BEAUTÉ ANIMALE

21/03/2012 > 16/07/2012

Galeries nationales du Grand Palais

PARIS

A travers des œuvres majeures, l’exposition explore les rapports que les artistes, souvent les plus grands peintres et sculpteurs, entret...

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