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On the Road avec Bernard Plossu

Aurélie Laurière 10 mars 2012

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« Juste de l’autre côté de la rue, le Mexique commençait. On regarda émerveillés. À notre étonnement, ça ressemblait au Mexique. » Les mots sont de Kerouac et ils introduisent à merveille les clichés pris par Bernard Plossu dans le même pays, entre 1965 et 1966, à l’occasion d’un périple initiatique que beaucoup firent. Plus de 200 images emblématiques de la Beat Generation qui sont présentées actuellement au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon (jusqu’au 30 avril), aux côtés de tirages plus récents. 

Mexique 1966 © Bernard Plossu.

À vingt ans, Bernard Plossu n’est pas sur la route mais dans une impasse. Consommateur insatiable de films de la Nouvelle Vague, il hésite entre images fixes et images en mouvement. En 1965, il prend la décision de rejoindre ses grands-parents expatriés au Mexique. Très vite, il y fait la connaissance de routards américains qu’il choisit de suivre dans leur errance et leur recherche de liberté. Il se met alors à immortaliser amis d’un jour ou de toujours, paysages désertiques et villes en pleine mutation. La vie sur la route, la vie tout court. Photographe-vagabond, Plossu a trouvé sa voie.

Bill, Juan, Laurie, Roger, Mexique 1966 © Bernard Plossu.

Plus de dix ans après, quand ces arrêts sur images paraissent, rassemblés dans un ouvrage édité par Contrejour, c’est l’ensemble du monde de la photographie qui est en émoi. Aujourd’hui encore, alors qu’il devient de plus en plus difficile de le trouver, le livre s’aborde comme un manifeste en images du mouvement hippie. Une chance, donc, que cette bible illustrée soit rééditée par le musée des Beaux-Arts à l’occasion de l’exposition. Pour le double événement, ce sont des dizaines de négatifs issus des archives du photographe qui ont été triés, lavés, imprimés…

Chiapas, Mexique 1966 © Bernard Plossu.

« Les nuits mexicaines », « On the road », « Le Mexique des marchés », « Les campagnes mexicaines », « Mexico ville moderne » : de série en série, la première partie de l’exposition nous fait revivre le séjour initial. Partout, des visages radieux. Le vent dans les cheveux, le regard fixé sur un horizon plus imaginaire que réel, la peau brûlée par les excès de soleil, les amis de Plossu ont des rêves plein la tête et un sourire permanent sur les lèvres. Malgré la fatigue des trajets sans fin et des nuits blanches accumulées, ils rayonnent. Le traitement de la lumière est d’ailleurs incroyablement délicat. La démarche du jeune Plossu, entre sophistication et spontanéité, n’est pas sans nous rappeler le travail d’un certain Hervé Guibert. Un travail où l’intime est roi.

Encore sous le choc de Los Olvidados, le film de Buñuel, Plossu retourne au Mexique en 1970 pour cette fois poser les yeux sur les plus défavorisés. Ces images inédites, exposées dans la seconde partie de l’exposition, sont donc plus dures que leurs aînées, et font état de la violence qui règne alors dans certains quartiers de Mexico. Le regard de Plossu, lui, est toujours le même : bienveillant. Avec la fougue d’un Cartier-Bresson et le don de « seconde vue » d’un Balzac, il est au plus près de ceux qu’il photographie.

Retour à Mexico 1970 © Bernard Plossu.

Un voyage (intérieur) dépaysant pour tous ceux qui se trouvent dans la région, et qui pourront également profiter de leur présence au musée des Beaux-Arts pour découvrir l’œuvre sur papier d’un surréaliste trop méconnu : Gérard Vulliamy. Parallèlement à la parution d’une importante monographie éditée par la Rmn, cette exposition ramène sur le devant de la scène celui qui fut l’illustrateur et le gendre de Paul Éluard – rien que ça ! Déployé autour de l’unique peinture exposée, le Cheval de Troie (1936-1937), l’œuvre sur papier rend compte des différentes périodes de l’artiste : les années Abstraction-Création, la période surréaliste, le retour à l’abstraction et, enfin, l’illustration. Une excellente mise en bouche en attendant l’exposition événement de ses peintures, programmée pour l’année prochaine à Paris. Beau diptyque d’expos à Besançon.

À lire pour aller plus loin : Le Voyage mexicain, 1965-1966, Images en manœuvre Éditions / Musée des Beaux-Arts & d’Archéologie de Besançon, 2011, 271 pages, 30 euros ; Le Retour à Mexico, 1970, Images en manœuvre Éditions / Musée des Beaux-Arts & d’Archéologie de Besançon, 2011, 112 pages, 14 euros.

BERNARD PLOSSU

10/12/2011 > 30/04/2012

Musée des Beaux Arts et d’Archéologie de Besançon

BESANÇON

L’exposition présente les images de Bernard Plossu qui a parcouru le Mexique entre 1965 et 1966. Il y brosse un Mexique rêvé pour toute...

Exposition terminée
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