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« Radio » : le musée des arts et métiers monte le son

Aurélie Laurière 9 mars 2012

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Une immédiateté, une simplicité désarmantes et, en même temps, une complexité, une magie fascinantes. À l’heure du web 2.0, des réseaux sociaux et des smartphones, la radio, pourtant si vite détrônée par la télévision dans les années 1960, fait de la résistance. L’expo que le musée des arts et métiers lui consacre actuellement, ne se contente d’ailleurs pas de retracer l’histoire d’un média, mais regarde également vers son avenir.

De la première émission de Radio Tour Eiffel, diffusée un soir de décembre 1921, aux podcasts que l’on télécharge à présent, à quoi tient le succès de la radio ? Ce sont encore ceux qui la font jour après jour qui percent le mieux son mystère. Selon José Artur, animateur culte de l’émission « Pop Club » sur France Inter de 1965 à 2005, « la radio est simple comme bonjour : des notes et des mots qui s’entrechoquent et s’harmonisent », mais surtout, « elle permet de rêver, de planter son propre décor ». Pour Marie Richeux, depuis deux ans à la tête de l’émission Pas la peine de crier sur France Culture, la radio « c’est le plus singulier des liens tissés par les voix. Le grain. Les voiles. Les tessitures. C’est du matériel par l’immatériel des ondes. Magique. »

En six sections, l’accrochage nous propose d’explorer tous les sens que revêt le mot radio. L’émetteur, le média et son histoire, ceux qui se cachent derrière comme ceux qui l’écoutent sont évoqués. De notre côté, parcourons près d’un siècle d’antenne, et voyons ce que les postes ont à nous dire.

Microphone à charbon Voxia – 1925 © Musée des arts et métiers – Cnam.

Quand la radio apparaît, au début des années 1920, c’est l’ensemble du vocabulaire qui est différent. On écoute la TSF (pour télégraphie sans fil) avec un casque, et l’on s’appelle alors un « sans-filiste ». Il s’agit d’une expérience extraordinaire que l’on vit donc seul.

Philips – Récepteur de radiodiffusion à quatre lampes à amplification directe dit « Boîte à jambon » – 1931 © Musée de Radio France.

À partir des années 1930, face A, le média se professionnalise, face B, les « sans-filistes », devenus auditeurs, peuvent écouter la radio en groupe grâce à l’arrivée des haut-parleurs. Progressivement, les émissions en public et les reportages qui nous sont familiers gagnent du terrain.

Radio-Célard – Récepteur de radiodiffusion à lampes Radiocapte – 1952 © Musée de Radio France.

Au cours de la décennie suivante, la radio devient une arme à double tranchant pour la liberté. Pendant la guerre, elle est medium de propagande d’un côté, instrument de résistance de l’autre. Même après les conflits, elle demeure sous le contrôle de l’État, et soumise à une censure oppressante. Mais déjà, Outre-Manche, les jeunes découvrent le rock via les radios clandestines…

Clarville – Récepteur de radiodiffusion superhétérodyne à transistors PP8 – 1963 © Musée des arts et métiers – Cnam.
Dès 1959, les ados français prennent l’habitude d’écouter « Salut les copains » ou d’autres émissions du soir. Un vent de légèreté parcourt les ondes ! Les plus âgés ne sont pas en reste : dès lors, chaque génération peut trouver un programme susceptible de lui plaire. Et même si la télévision est de plus en plus présente dans les foyers, le poste de radio y conserve une place privilégiée.

Chaîne hifi Philips des années 1980.

Après de nombreux remous – émergence des radios pirates, suivi en direct des événements de mai 68 –, en 1981, c’est la libération des ondes. S’en suit une période de créativité débridée au cours de laquelle se façonnera le paysage radiophonique tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Lecteur mp3 actuel, Philips.

Jadis reine au pays du direct et de l’instant, la radio est aujourd’hui mise en danger par Internet. Mais est-on vraiment obligé de choisir ? On peut écouter des podcasts sur son lecteur mp3 et les partager sur les réseaux sociaux. Et quand on sait qu’aujourd’hui encore, 8 Français sur 10 écoutent la radio tous les jours, on se dit que le bon vieux poste n’a pas fini de nous surprendre.

RADIO

28/02/2012 > 02/09/2012

Musée des Arts et Métiers

PARIS

Le Musée des arts et métiers, associé à Radio France et à l’Institut national de l’audiovisuel, présente sa nouvelle exposition te...

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