Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Bob Dylan : mythe rock & folk en six temps

Aurélie Laurière 5 mars 2012

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Jean cigarette, bottines noires élimées qui battent la mesure, cheveux indomptables et Wayfarer vissées au nez : Bob Dylan à 20 ans, une représentation de la jeunesse pour l’éternité. Aujourd’hui, à 70 ans, ce vétéran du rock est une pierre qui n’en finit pas de rouler. Tout est never ending chez le grand Bob : sa tournée, ses morceaux, sa légende sans cesse renaissante.

Preuve en est, l’expo dédiée à ses jeunes années qui ouvre ses portes demain à la Cité de la musique : Bob Dylan. L’explosion rock 61-66. Moins d’une décennie pour un tel événement, c’est bien peu. Pour autant, c’est durant cette période que Dylan écrit sept de ses albums les plus révolutionnaires, accédant dans la foulée au statut de rock star à vie. Retour, en six dates et en six extraits, sur la genèse d’un mythe.

1961, année initiatique

À 20 ans, Robert Zimmerman, né dans une famille moyenne du Midwest et biberonné à la musique pop (Elvis Presley, Little Richard, Buddy Holly, Bo Diddley), folk et country (Woody Guthrie, Hank Williams), est un jeune homme cultivé et rêveur qui joue du piano et lit de la poésie. Après un passage éclair à l’université, il file s’installer à New York pour rencontrer son idole de toujours, Woody Guthrie. Commence alors une vie de bohême faite de concerts dans des bars enfumés pour quelques dollars. Tout s’emballe le jour où un critique du New York Times se trouve dans la salle…

1962, année académique

Début 1962, le désormais bien nommé Bob Dylan sort un premier album folk de puriste composé de reprises et de deux titres originaux. L’un d’entre eux, passé à la postérité, s’intitule Song to Woody (Guthrie, bien sûr). Malgré le flop de ce premier opus, des stars confirmées telles que Johnny Cash n’hésitent pas à miser sur le jeune homme qui devient, mine de rien, l’une des figures de proue d’un revival folk confidentiel mais persistant.

Six des sept albums écrits par Bob Dylan entre 1961 et 1966 : Bob Dylan, The Freewheelin’, The Times They Are a-Changin’, Bringing It All Back Home, Highway 61 Revisited et Blonde on Blonde.

1963, année politique

Impossible de faire de la musique folk sans être un chanteur pleinement engagé. En digne successeur de Guthrie, Dylan signe, au sein d’une société américaine en pleine ébullition politique et sociale, quelques-unes des plus belles protest songs de l’époque. Lors de la Marche sur Washington, le jeune musicien, armé de sa guitare, monte à la tribune après Martin Luther King. « How many roads must a man walk down / Before you call him a man ? » [« Combien de routes un homme doit-il parcourir / Avant que vous ne l’appeliez un homme ? »].

1964, année éclectique

Rencontre avec les Beatles, contrôle total de la production des albums, public de plus en plus jeune et déchaîné : tout s’accélère pour le folksinger aux lunettes noires. Le folk des débuts est toujours là, mais les guitares électriques font leur apparition tandis que la poésie émerge au dos des 45 tours. Petit à petit, Dylan trouve son style, celui d’un alchimiste incroyablement doué pour marier les antithèses. L’ascension rock peut commencer.

Bob Dylan sur scène, Forest Hills Stadium, New York, 1965 © Daniel Kramer.

 

1965, année électrique

Avec l’album Highway 61 Revisited, c’est l’apogée rock, le passage au tout-électrique. Like a Rolling Stone par exemple : six minutes et demie de rock puissant et instinctif, d’accords explosifs et de paroles au lyrisme obscur. Certains sont déconcertés, d’autres en redemandent. Quelques semaines plus tard, prestation remarquée de l’insaisissable Bob au Newport Folk Festival : le folk rock est né, le mythe aussi. Le musicien ne sera plus jamais là où on l’attend.

1966, année érotique

Avec Blonde on Blonde, premier double album de l’histoire du rock, Dylan reprend son souffle pour mieux clamer son amour – des femmes, de la musique, de la drogue – au monde entier. Textes surréalistes, mélodies hallucinées : Dylan écrit les paroles en studio, quelques minutes avant le début des enregistrements. Fin 1966, il sort quasiment indemne d’un accident de moto qui lui fournit une bonne raison de quitter le devant de la scène pour un moment. L’homme qui réapparaît, deux ans plus tard, n’a plus rien à voir avec l’auteur de Blonde on Blonde. Et ce n’est que la première renaissance du phénix Dylan…

BOB DYLAN

06/03/2012 > 22/07/2012

Philharmonie - Cité de la Musique / Musée de la musique

PARIS

Bob Dylan est assurément un des musiciens les plus emblématiques de la seconde moitié du XXe siècle. Dans son parcours d’une exceptio...

Exposition terminée
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE