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Le Centre Pompidou mobile, une décentralisation réussie ?

Magali Lesauvage 22 février 2012

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Comment ne pas saluer l’initiative du Centre Pompidou mobile, présentée comme une « expérience unique en matière de décentralisation » ? Mais entre apporter l’art au public ou amener le public à l’art, quel est le plus efficace ? Question mille fois posée et jamais résolue.

Fort du succès de sa première étape dans la ville de Chaumont (Haute-Marne), avec 35.000 visiteurs venus admirer cet automne une sélection d’œuvres du musée national d’Art moderne, le projet poursuit sa route à Cambrai (Nord), jusqu’au mois de mai, avant de rejoindre Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), de juin à septembre, puis Libourne (Gironde) à l’automne, Le Havre (Seine-Maritime), Nantes (Loire-Atlantique) et Aubagne (Bouches-du-Rhône) en 2013.

Vue extérieure du Centre Pompidou mobile à Cambrai, 2012.

L’idée en revient à Alain Seban, selon lequel « l’œuvre originale reste irremplaçable à l’ère du virtuel et rien ne peut remplacer la visite du musée ». Deux points que l’on concède aisément au président du Centre Pompidou, tout comme la nécessaire gratuité d’accès, et la vaste opération de médiation mise en œuvre, en particulier auprès des plus jeunes.

Dans la structure éphémère construite à l’arrière de l’Hôtel de Ville de Cambrai – soit trois tentes polychromes conçues par l’architecte Patrick Bouchain – quatorze œuvres insignes des collections nationales (plus une, une barre de bois rond d’André Cadere provenant du FRAC Nord-Pas de Calais) ont été réunies par la conservatrice Emma Lavigne sur le thème de la couleur. Une thématique pour le moins élémentaire, mais qui permet de rassembler des chefs-d’œuvre aussi divers que le fantastique portrait La Gamme jaune de Kupka, la vidéo de la performance Art Make Up de Bruce Nauman, un Monochrome orange d’Yves Klein, une sculpture de Jean Dubuffet, Papa gymnastique, ou encore Your Concentric Welcome, installation récente de l’artiste contemporain Olafur Eliasson, basée sur des jeux d’optique.

Vue intérieure du Centre Pompidou mobile à Cambrai : au premier plan, Jean Dubuffet, Papa gymnastique, 1972, et André Cadere, barre de bois rond, sans titre (collection FRAC Nord-Pas de Calais).

Simple et clair, le parcours permet d’argumenter sur les œuvres autour de divers niveaux de discours. Le problème, ce sont leurs conditions de visibilité… Les espaces sont étroits, relativement sombres et ne permettent pas de recul par rapport aux œuvres, ni de vue d’ensemble.

On se demande, dans ces conditions – et au tarif de 200.000 euros par étape à la charge de chaque collectivité accueillante – s’il n’aurait pas été plus approprié de confier ces œuvres aux structures culturelles existantes, comme par exemple le charmant musée des Beaux-Arts de Cambrai. Cela aurait permis non seulement de réaliser quelques économies, mais aussi de rappeler l’existence du lieu, qui possède une collection appréciable, au bon souvenir des citoyens de la cité nordiste.

František Kupka, La Gamme jaune, 1907, Paris, Centre Pompidou, musée national d’Art moderne.

On aurait évité du même coup la présence assez disgracieuse et imposante de ces bâches (qui ne sont pas sans rappeler la structure en chapiteau du Centre Pompidou-Metz, autre symbole de la décentralisation, plus élégant et bien pérenne celui-là). Mais sans doute l’opération aurait-elle manqué d’éclat, dont il semble nécessaire qu’il jaillisse jusqu’à Paris.

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