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FOTO/GRÁFICA au BAL : rêve en quadrichromie

Aurélie Laurière 14 février 2012

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Une exposition de livres, ça peut faire peur… Pourtant, avec FOTO/GRÁFICA au BAL, rien à craindre. Ouvert ou fermé, dénudé ou sous verre, projeté ou imprimé : le livre se plie en quatre pour nous captiver.

Voilà bien dix ans que le livre de photo, en Amérique latine ou ailleurs, est considéré comme une œuvre d’art à part entière, aussi bien par les chercheurs que par les collectionneurs. Ce qui fait du bon vieux bouquin un espace d’exposition de premier choix, et de la manifestation qui nous intéresse une passionnante mise en abyme. Trois raisons d’aller la voir : le scénario, le propos et la scéno. Explications.

Mosaïque des couvertures de livres présentés dans FOTO/GRÁFICA © Le BAL, Paris.

La petite et la grande histoire

En 2007, le premier forum latino-américain sur la photo à São Paulo se clôt sur un constat alarmant : le livre de photo latino-américain est, pour reprendre les mots de Martin Parr, « le secret le mieux gardé de l’histoire de la photographie. » L’injustice doit être réparée sans tarder : pour cinq historiens de la photo, c’est le coup d’envoi d’une quête du Graal qui durera trois ans. L’objectif ? Répertorier les plus beaux livres de photo édités en Amérique latine. Le résultat : 150 pépites graphiques réunies dans une anthologie, dont 40 sont présentées au BAL. Voilà pour la petite histoire.

Pour ce qui est de la grande, on sait depuis longtemps que le livre de photo dessine une histoire précise de son medium. Mais, et c’est particulièrement vrai pour le livre de photo latino-américain, il trace également les contours d’une autre histoire, politique et sociale. Une dimension très bien mise en valeur au BAL, où le livre se révèle un excellent sismographe des remous politiques du XXe siècle (Sartre visita a Cuba, Alberto Korda ; Chile o muerte, Germán Marín, Armindo Cardoso).

Oscar Munoz, Archivo porcontacto, 2009, Bogota.

Le tirage à l’œuvre

Selon August Sander, « la photographie est comparable à une mosaïque, elle ne devient synthèse que présentée en nombre. » Loin de se contenter d’attirer l’attention sur le produit fini, FOTO/GRÁFICA confronte les volumes aux tirages originaux et nous invite à méditer sur le changement de support. Quelle dimension supplémentaire le livre apporte-t-il à la photo ?

La réponse s’inscrit partout sur les murs du BAL : le livre, en nous amenant à considérer l’image dans le rapport qu’elle entretient avec d’autres, nous aide à mieux la saisir. Sélection des clichés, élaboration de la séquence, mise en page, graphisme : le livre apparaît comme un tout parfait. Dès lors, qu’ils soient juxtaposés (Graciela Iturbide, Avándaro) ou superposés (Sistema nervioso, Barbara Brändli), les tirages originaux sont des vestiges qui témoignent d’un work in progress révolu.

Synthèses par excellence : le livre d’artiste (Auto-photos, Gretta, Sin saber que existías y sin poderte explicar, Eduardo Terrazas, Arnaldo Coen) et le recueil de poésie illustré (Alturas de Macchu Picchu, Pablo Neruda, Martín Chambi ; Paranόia, Roberto Piva, Wesley Duke Lee).

Le livre de photo fait son show

Qualité du papier, nombre de pages, texture et épaisseur de la couverture : le livre est un objet que l’on prend plaisir à manipuler. Mais pour des raisons évidentes, les ouvrages exposés au BAL sont protégés par des vitrines. Translucides et tout sauf statiques, ces dernières savent néanmoins très bien se faire oublier. Le livre est proche, vivant. Parfois imprimé dans sa totalité sur un pan de mur, il est même à portée de main.

Vue de l’exposition FOTO/GRÁFICA © Le BAL, Paris.

Discrète, la scénographie s’appuie également beaucoup sur la variation. Un même livre est souvent présenté de deux manières différentes, à l’instar d’Amazônia (Claudia Andujar, George Love), exposé sous verre et projeté sur grand écran, dans une salle noire. La lecture, elle, se fait dans tous les sens. Bluffant : trois ouvrages dédiés à la représentation de la ville (Buenos Aires Buenos Aires, Sara Facio, Alicia d’Amico ; Doorway to Brasilia, Aloísio Magalhães ; La Ciudad de Mexico III, Nacho Lόpez) qui se déroulent successivement de gauche à droite, à la manière de pellicules… ou de chemins de fer.

Les espaces lumineux du BAL jouent malicieusement l’alternance entre vide et profusion, texte et image, noir et blanc et explosion de couleurs… Comme un livre de photo réussi.

À lire pour aller plus loin : Horacio Fernandez, Les livres de photographie d’Amérique latine, co-édition : RM Mexico / Aperture Foundation / Images en Manoeuvre / Cosac Naify, 2011, 255 pages, 59 euros.

FOTO/GRAFICA

20/01/2012 > 08/04/2012

Le BAL

PARIS

L’idée de chercher et de présenter les meilleurs livres de photographie d’Amérique latine est née lors du premier forum latino amér...

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