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Les 365 objets de Guillaume Bardet : « J’ai fait ce que j’aimais le plus, rêver »

Magali Lesauvage 28 janvier 2012

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Vous connaissez peut-être le projet fou (toujours en cours) de Noah Kalina, qui consiste à se photographier quotidiennement depuis maintenant douze ans. « Chaque jour sur le métier ton ouvrage tu remettras » : l’artiste en Sisyphe est une figure récurrente de l’histoire de l’art. Guillaume Bardet, designer, a choisi de jouer ce rôle en dessinant, chaque jour pendant une année, une pièce de céramique. Le résultat, bluffant, est à voir dans l’exposition Guillaume BardetL’Usage des jours, 365 objets en céramique, à la Cité de la Céramique de Sèvres. Entretien avec un créateur téméraire.

[exponaute] Comment est né le projet ?

[Guillaume Bardet] L’idée de départ, c’est un objet par jour. C’est moi qui me suis lancé ce défi, comme un rêve d’enfant. Ça correspondait à un questionnement sur mon métier de designer, et ça venait de la frustration de ne jamais avoir le temps de faire ce que j’aime le plus, c’est-à-dire rêver, imaginer. Le matin je faisais le dessin, l’après-midi la projection 3D, pour le travail des potiers. Ça a duré un an, un an d’overdose de dessin…

J’ai commencé par vider tous les projets que j’avais en tête. Puis je me suis dit que j’avais le droit de rater, de faire des objets que je n’allais pas aimer – mais au final je les aime tous ! La répétition a eu pour effet de me faire découvrir des aspects de moi-même que je ne connaissais pas, des formes ou des fonctions que je n’aurais pas imaginées. C’était m’autoriser à remettre en cause ma méthode de travail, à me mettre en porte-à-faux, à m’engouffrer dans l’inconnu.

Je n’ai fait que ça pendant deux ans et demi. C’était un vrai risque, professionnel, financier, personnel… Mais plus j’avançais, plus je gagnais en liberté. Ça n’a pas été simple, ça a été parfois même violent… Il y a eu des périodes de doute, où j’avais l’impression que j’allais devenir fou. C’était comme un marathon, un tour du monde en solitaire. Au total, ça aura duré plus de deux ans, avec la fabrication, le montage du catalogue, l’expo, etc. Aujourd’hui il y a quelque chose qui se termine.

Avez-vous voulu créer une réflexion sur le temps ?

L’œuvre doit être considérée comme une totalité. La réflexion sur le temps, on la lit a posteriori. C’est un pur hasard, mais j’ai commencé le premier jour de l’automne, et la création s’est ensuite déroulée par saison. Je venais de quitter Paris, et me suis retrouvé dans un petit village de potiers dans la Drôme, où on sent vraiment le passage des saisons.

Comment s’est déroulé le travail avec les artisans ?

Je ne voulais pas de traces de doigts, pour moi le travail à la main est beaucoup plus subtil que ça. J’ai demandé aux céramistes d’être les plus précis possible, c’est pour ça que ça s’appelle « usinage manuel ». Je voulais jouer avec les défauts minimes, la texture. J’ai travaillé avec eux au jour le jour, pendant un an, en contact constant. Parfois j’ai bougé entre le dessin et la réalisation chez le potier, il y a eu des ajustements.

Au point de vue formel, il semble que vous ayez souhaité produire un alphabet de formes. Certains objets sont totalement abstraits et paraissent très éloignés de leur fonction.

Pour moi une expérience comme ça n’a de sens que si je peux explorer un maximum de possibilités. Là j’ai voulu éviter la question : suis-je designer ou sculpteur ? C’est une chose que j’ai résolue dans ce projet. La fonction est une excuse, qui me permet de dessiner. Il y a aussi la notion d’épuisement, que ce soit dans le détail formel, ou dans la fonction. Est-ce un objet ou une sculpture ? Certaines formes découlaient les unes des autres au fil des jours.

A la fin, je ne savais plus quoi faire, j’ai commencé à angoisser… Et puis je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses que je n’avais pas traitées : bien vivre, le plaisir, la mort, l’amour, etc. Et c’est redevenu fluide… Ensuite, il y a eu la question, comment finir ? Quel sera le dernier objet ? J’ai voulu que ça se termine par d’énormes pièces, un défi technique.

Qu’avez-vous tiré de cette expérience ?

J’ai réfléchi à mon rôle de designer. Pour moi, celui-ci est d’enchanter le monde, y apporter de la poésie, de l’humanité. Ça m’a permis aussi d’accepter qui je suis, mes propres faiblesses. Je me suis mis à nu, avec ces formes…

Entretien réalisé par Magali Lesauvage.

L’exposition Guillaume Bardet – L’usage des jours, 365 objets en céramique sera présentée ensuite au Grand Hornu Images, du 29 avril au 16 septembre 2012, au Château des Adhémar – Centre d’art contemporain de Montélimar, et à la Maison de la Céramique du Pays de Dieulefit, du 6 octobre au 31 décembre 2012, puis du 26 mars au 26 mai 2013, au mudac à Lausanne.

L’USAGE DES JOURS

25/01/2012 > 02/04/2012

Sèvres – Cité de la céramique

SÈVRES

A partir du 21 septembre 2009, Guillaume Bardet a dessiné un objet intime chaque jour pendant un an. Dans le prolongement de cette « perfo...

Exposition terminée
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