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Urban eXperiment, des artistes hacktivistes dans les catacombes

Aurélie Laurière 27 janvier 2012

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Alligators, rats mutants, fêtes colossales : ce ne sont pas les légendes urbaines concernant les sous-sols de la capitale qui manquent. Et quand l’art s’en mêle, on se dit que cela vaut le détour, ou plutôt la descente. Il y a peu de temps, on  s’interrogeait sur l’existence d’une galerie de Street Art dans une station de métro désaffectée. Aujourd’hui, on se penche sur le cas d’un groupe d’artistes hacktivistes du nom d’Urban eXperiment, qui opère, en toute illégalité, dans les catacombes depuis près de trente ans. Mais qui sont ces « hacker-artists » ?

© Urban eXperiment.

La rumeur revient de loin. Après des années de silence, le magazine américain Wired publiait il y a quelques jours une très longue enquête du journaliste et historien de l’art Jon Lackman sur ce groupe d’activistes de l’art, à l’origine essentiellement composé de lycéens, et aujourd’hui bien plus diversifié. Des militants d’un genre un peu particulier qui sévissent dans les catacombes parisiennes, au grand dam des autorités municipales et même nationales.

Leurs faits d’armes ? Un cinéma clandestin sous le Palais de Chaillot, la restauration de l’horloge du Panthéon, des concerts, des festivals, et un tas d’autres actions, plus ou moins artistiques. À la manière d’Anonymous, ces véritables hackers qui font actuellement la une des journaux, Urban eXperiment est constitué de grappes autonomes, et a une structure horizontale, mouvante.

Voir Urban eXperiment en pleine action, réparant l’horloge du Panthéon :

Une info d’autant plus intéressante que dans l’art contemporain, nombreux sont les artistes à se revendiquer d’une certaine forme de hacking. On recense d’ailleurs des « hackerspaces », des espaces de création dédiés à ce type de pratique, tels que le /tmp/lab à Vitry-sur-Seine ou le Tetalab à Toulouse, des festivals et, bien sûr, des collectifs d’ »hacker-artists » – ceux du F.A.T. (Free Art & Technology) ou les Tchèques de Ztohoven. Il arrive que les petits génies qui crackent des sites hautement  protégés juste pour la beauté du geste se prétendent eux-mêmes artistes.

La frontière qui sépare artistes et hackers est-elle donc si floue ? En guise de réponse, on se contentera de rappeler qu’au sens strict, le terme hacker n’est pas péjoratif, et qu’il peut simplement renvoyer à une personne qui se plaît à repousser ses limites et celles des autres…

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