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Pictoplasma : qu’ont à nous dire les personnages de l’ère post-numérique ?

Magali Lesauvage 8 décembre 2011

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La Gaîté Lyrique, maison des cultures pop contemporaines, invite le festival berlinois Pictoplasma à se délocaliser à Paris pour y présenter ses post-digital monsters. Tout un bestiaire de monstres gentils qui, sous leur apparence inoffensive, en disent beaucoup sur nous-mêmes et sur notre époque.

Festival Pictoplasma, Post Digital Monsters – Gaîté lyrique, 2011 © Motomichi.

Qu’ont à nous dire sur nous-mêmes les étranges créatures qui ont envahi la Gaîté Lyrique depuis hier ? Sans doute que nous sommes dans une époque qui a besoin de se faire un peu peur… Mais pas trop quand même. Les post-digital monsters exposés là en deux ou trois dimensions sont des monstres gentils. Purs produits des années 1990-2000, ces petits personnages créent un lien entre l’univers soi-disant froid du numérique et celui, plus humain, d’un imaginaire multiculturel, mêlant manga, primitivisme, freak culture, esthétique du jouet…

Les personnages issus du character design sont un peu à l’image de la tradition d’Halloween qui a envahi le monde, se déconnectant au passage de ses racines religieuses : à la fois effrayants et rassurants, ils semblent correspondre à un besoin de sensations fortes, mais dénuées de risque. Prisées de ces adulescents qui ne savent pas choisir entre deux âges, les figures anthropomorphes que l’on peut voir dans l’exposition Pictoplasma sont des êtres fragiles. Leurs contours sont instables, ils ont plutôt des formes arrondies, rassurantes, sont volontiers velus, comme des peluches. Parfois ils n’ont pas d’yeux, mais exhibent des dents (de lait), comme les characters dessinés par le Japonais Motomichi Nakamura, sortes de cyclopes rouges et noirs. Où les trouve-t-on ? Au départ chez les graphic designers, aujourd’hui un peu partout, dans la publicité, sur les pochettes de disques, dans la mode, le Street Art, les médias…

Festival Pictoplasma, Post Digital Monsters – Gaîté lyrique, 2011 © Ben and Julia.

Des « images mortes »

Ainsi que l’expliquent Peter Thaler et Lars Denick, curateurs de Pictoplasma, sur le site de The Creators Project, « ce sont des formes vides, dénuées de tout récit. Ces personnages (…) n’ont aucune biographie. C’est à vous de faire le travail, à vous de l’animer, de reconstituer le personnage dans votre tête ». Ils vont plus loin en affirmant que ces images « mortes » en disent beaucoup sur notre relation au corps, « un corps qui semble manquer ». Certains sont des masques, leur design rappelant fortement l’art africain, dans lequel le masque, qui suspend l’existence corporelle de celui qui le porte, est justement un intercesseur entre le monde des vivants et celui des morts (Halloween n’est là pas loin non plus).

Festival Pictoplasma, Post Digital Monsters – The Missing Link, Gaîté lyrique, 2011 © droits réservés.

D’autres sont plutôt des totems, figurations d’êtres irréels, composées de références formelles et culturelles diverses. Ainsi The Missing Link tente, à travers la participation dessinée des visiteurs et des internautes de la Gaîté Lyrique, de « retrouver » l’image du yéti. L’être syncrétique qui en résulte est une sorte de monstre psychédélique, mis en scène comme objet de culte dans un Missing Link Show qui évoque une forme de chamanisme contemporain.

Les post-digital monsters sont, selon les organisateurs de Pictoplasma eux-mêmes, sans vie. Ce sont des fétiches : dessinez deux yeux sur un bout de bois, vous obtenez un personnage. Une image en creux de notre société sans croyance.

PICTOPLASMA

07/12/2011 > 31/12/2011

Gaîté Lyrique

PARIS

Point central du festival Pictoplasma, une exposition collective présente des travaux d’artistes contemporains autour de créatures :...

Exposition terminée
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