Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_2 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_5 RENÉ MAGRITTE

21/09/2016 > 23/01/2017

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

Photo Levallois : rencontre avec Reiner Riedler, photographe voyageur

Aurélie Laurière 5 décembre 2011

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

La banlieue parisienne recèle quelques événements artistiques qui sont loin d’être périphériques. C’est le cas du festival Photo Levallois, dédié à la photographie contemporaine sous toutes ses formes. Comme chaque année à cette occasion, les Salons d’Honneur de l’Hôtel de Ville de Levallois sont réservés à un artiste reconnu internationalement. Succédant à Rip Hopkins, Xavier Zimmermann et Manuela Marques, l’invité d’honneur de cette 4e édition est l’Autrichien Reiner Riedler, figure majeure de la nouvelle photographie documentaire. Au lendemain de l’ouverture de son exposition Altered States, nous avons rencontré ce photographe voyageur.

Reiner Riedler, Ice Fishermen, Belarus, 2004 © Reiner Riedler.

[exponaute] Vous avez commencé par étudier l’ethnologie. Comment en êtes-vous venu à la photographie ? Y a-t-il un lien entre cette première orientation et ce que vous faites aujourd’hui ?

[Reiner Riedler] Oui, j’ai  commencé par étudier l’ethnologie, mais ce que j’ai toujours voulu faire, c’est voyager. Adolescent, je ne tenais pas en place, j’adorais l’aventure. Ces études m’ont seulement ouvert des portes sur d’autres cultures. Aujourd’hui, le statut de photographe me donne la chance de rencontrer beaucoup de gens et de découvrir de nombreux endroits. Je bénéficie d’une sorte de laissez-passer pour observer les autres ! C’est ce qui rend mon travail vraiment excitant. Et puis, j’en apprécie la liberté : je fais ce que je veux et je vais où je veux. En général, pour mes expositions, je choisis les lieux comme les sujets.

C’est d’ailleurs le cas pour Altered States. Comment s’est passée votre collaboration avec l’équipe du festival ? Avez-vous pris directement part au montage de l’exposition ?

Tout d’abord, je dois dire que c’était une expérience formidable. C’est très rare de rencontrer des gens tels que Paul Frèches et Emmanuel Transon [respectivement directeur artistique et scénographe] pour qui c’est naturel d’impliquer autant l’artiste dans le montage d’une exposition. On a fait en sorte d’adapter l’endroit au sujet. Le résultat est un long couloir, un lieu de passage, dans lequel vous rencontrez des photos, ce qui fait référence au fait de voyager, et à ma manière de travailler. Il a aussi fallu sélectionner les clichés, qui peuvent être très différents, mais qui ont tous en commun l’Europe de l’Est.

Reiner Riedler, Summer Holidays, Croatia, 2011 © Reiner Riedler.

Justement, pourquoi une telle fascination pour l’Europe de l’Est ?

Je pense que c’est lié à l’histoire de l’Autriche. Beaucoup de pays dans lesquels je me suis rendu ont fait partie de l’Empire austro-hongrois, et en tant qu’Autrichien, on peut toujours se sentir très proche d’eux. Et plus personnellement, je crois que mon moteur a toujours été la recherche de la vérité. J’ai le sentiment que dans ces pays, bien plus qu’à l’Ouest, la vie est encore un peu improvisée, et que l’on y a l’opportunité de ne pas rester uniquement en surface. Mais avant tout, l’élément qui a déclenché ma fascination pour l’Europe de l’Est est la chute du mur de Berlin, qui était réellement tel qu’on l’a appelé, un rideau de fer. Pour moi, il s’agissait bien entendu d’abord de regarder derrière ce rideau.

Comment vous situez-vous par rapport à la photographie documentaire ? Avez-vous l’impression de vous en éloigner ces derniers temps ?

J’ai l’impression que je suis justement en train d’y revenir ! Fake Holidays par exemple, ma précédente série, était un travail très conceptuel. A présent, je crois que j’ai de nouveau envie de partir à la rencontre des gens – des personnes réelles, pas des personnages de fiction – et de me laisser surprendre par eux. Mais c’est vrai que maintenant, je suis représenté par des galeries d’art, ce qui fait que d’une certaine manière, je m’éloigne de la photographie documentaire… Mais si j’ai un pied dans le monde de l’art, j’en ai un autre qui reste ancré dans la réalité. Et je compte bien conserver ce statut intermédiaire qui est très stimulant !

Il y a beaucoup d’humour dans votre travail, mais jamais d’ironie. Quel regard portez-vous sur les gens que vous photographiez ?

C’est un point central de mon travail. Lors de mes premiers voyages en Europe de l’Est, j’étais littéralement effrayé à l’idée de porter un regard extérieur et surplombant sur ces pays pauvres. J’essaie au maximum d’être sur un pied d’égalité avec les personnes que je photographie. Pour moi, il s’agit de respect et de ce que l’on pourrait appeler une « éthique du regard ». « Puis-je prendre ces photos ? Suis-je autorisé à les prendre ? » : Ce sont des questions que je ne cesse de me poser quand je travaille. Et pour ce qui est de l’humour… il s’invite naturellement dans vos photos lorsque vous voyagez, que vous rencontrez des gens et que vous apprenez à les observer.

Reiner Riedler, Circus Princess, Selenograd, Russia, 2004 © Reiner Riedler.

Pour finir, pouvez-vous choisir une photo de l’exposition et nous raconter son histoire ?

Oui, par exemple, celle que j’ai appelée Circus Princess. En 2004, j’ai suivi un petit cirque russe itinérant pendant une semaine : la jeune fille que l’on voit sur la photo est une artiste qui travaille avec les chevaux. Au moment où la photo a été prise, le cirque s’était installé au sud de Saint-Pétersbourg dans un immense terrain vague tout à fait caractéristique des villes périphériques de cette région, et qui ressemblait à une arène géante. J’ai pris la photo sur le vif pendant que la jeune fille s’entraînait dehors. C’est le contraste qui m’a interpellé. C’était l’hiver, tout était gris et glacial, et cette belle jeune femme en rose se détachait sur le fond maussade. Il s’agit d’une photo qui en dit beaucoup sur la société et sur les changements qu’elle connaît en ce moment. Ici, elle nous apparaît en plein bouleversement…

Propos recueillis par Aurélie Laurière.

PHOTO LEVALLOIS 2011

04/11/2011 > 17/12/2011

Photo Levallois

LEVALLOIS-PERRET

Lancé en 2008 à l’initiative de la Ville de Levallois, Photo Levallois revient en novembre 2011 pour sa quatrième édition, confirmant ...

Exposition terminée
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE