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Charles Saatchi, galeriste et collectionneur, dénonce « la laideur du monde de l’art »

Magali Lesauvage 5 décembre 2011

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Qu’est-il arrivé à Charles Saatchi pour qu’il pousse un tel coup de gueule ? Être le pire détracteur d’un système que l’on a soi-même contribué à bâtir, c’est la démonstration que vient de faire le grand galeriste et collectionneur britannique dans une tribune incendiaire publiée dans le Guardian ce vendredi 2 décembre.

Saatchi, véritable inventeur des Young British Artists (les YBAs), cette génération de jeunes artistes britanniques (Damien Hirst, Tracey Emin, les frères Chapman…) mariant trash et glam, et révélés en 1997 dans l’exposition Sensation, est l’un de ceux, avec François Pinault ou Larry Gagosian, qui font et défont depuis une vingtaine d’années les cotes de certains artistes. Il publiait l’an passé un livre assez bien senti, My Name is Charles Saatchi and I am an Artoholic, dans lequel il montrait déjà son talent de prosateur et avouait sa passion maladive pour l’art.

Charles Saatchi © DR.

Titré « La laideur du monde de l’art », l’article descend en flammes cette nouvelle clique d’acheteurs d’art qui voyagent à longueur d’année sur leur yacht ou dans leur jet privé d’un bout à l’autre de la planète, au gré des foires et des biennales huppées. Saatchi l’affirme avec force : « Même un frimeur comme moi trouve cette nouvelle population de super riches acheteurs d’art vulgaire et désespérément superficielle ». Et de s’interroger sur la sincérité de ces collectionneurs : « Apprécient-ils vraiment de posséder ces toiles, facilement reconnaissables, signées de grands noms, achetées de manière ostentatoire dans des salles de vente à des prix extravagants pour décorer leurs diverses résidences, flottantes ou non, dans une démonstration de cool et de richesse absolus ? »

Il faut reconnaître à Charles Saatchi une plume acérée et une verve savoureuse, mise au service de reproches plutôt objectifs : le manque d’intérêt réel pour l’art et l’hypocrisie d’un certain type de collectionneurs, qui attendent la validation de leurs « pairs », mais aussi celle de la presse, qui suit les modes, l’opportunisme de certains galeristes, etc.

Tracey Emin, My Bed, 1998, courtesy Saatchi Gallery, London.

La saillie de Saatchi n’a pas manqué de provoquer de nombreuses réactions, en premier lieu dans les commentaires rédigés par les internautes, certains reprochant au galeriste d’avoir « détruit le pays », d’être « jaloux des nouveaux riches plus gros que lui », ou au contraire saluant son honnêteté. Charles Saatchi crache-t-il dans la soupe ? Son argument, selon lequel l’art ne lui rapporte pas d’argent, mais lui permet seulement d’acheter plus d’art, est difficilement crédible. Quel intérêt à diriger une galerie d’art, si on n’en dégage pas quelque profit ? Si ce qu’il dénonce paraît justifié, l’homme d’affaires, qui débuta sa carrière comme un talentueux publicitaire, aura réussi à créer quelques vagues dans les eaux tranquilles du petit milieu de l’art. Pas sûr que cela perturbe le roulis paisible des yachts emplis d’œuvres d’art.

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