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Game on ! Le jeu vidéo entre au musée

Magali Lesauvage 22 novembre 2011

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L’exposition Game Story – Une histoire du jeu vidéo, au Grand Palais, tente le pari de concilier rétrospective historique et pratique ludique. Des premiers jeux Pong aux récents MMORPG, la manifestation se veut patrimoniale, tout en rappelant les ramifications culturelles du jeu vidéo. Se pose dès lors la question de sa conservation, enjeu auquel s’attache Jean-Baptiste Clais, l’un des commissaires de l’exposition Game Story au Grand Palais. Entretien.

Donkey Kong, éditeur : Nintendo, 1981 © Nintendo.

[Exponaute] Le jeu vidéo n’est pas un objet, mais d’abord une pratique, qui fait appel à des univers virtuels. Sa conservation et sa monstration sont donc paradoxales…

[Jean-Baptiste Clais] L’exposition Game Story est réalisée à partir de la collection de l’association MO5.COM, fondée par Philippe Dubois, et qui compte aujourd’hui près de 100.000 objets (matériel informatique, cartouches, jeux d’arcade, etc.). Une partie de cette collection est destinée à être exposée et « jouée », une autre est considérée comme patrimoniale et reste en boîte. Mais les puces ont une durée de vie limitée, et certains composants ne sont plus fabriqués. On sait donc qu’une partie de cette collection est vouée à disparaître dans les toutes prochaines années…
Heureusement, le jeu vidéo est bien conservé car il y a un large public de passionnés. On peut aujourd’hui conserver certains contenus en les aspirant et en les transférant sur de nouveaux supports numériques. Les schémas techniques permettent de réaliser des simulacres. On lit ensuite les jeux grâce à un émulateur logiciel, programme conçu pour reproduire sur ordinateur le travail d’une console de jeux, ou grâce à un émulateur matériel – une puce reprogrammable.

Conserver les machines, cela paraît relativement facile, mais qu’en est-il du jeu en ligne ?

En ce qui concerne le jeu en ligne, on peut conserver l’univers virtuel sur un CD (comme c’est le cas pour l’un des plus célèbres d’entre eux, World of Warcraft), mais pas la présence des joueurs. Celle-ci est cependant largement documentée par les témoignages présents sur les nombreux sites internet, blogs et revues alimentés par la très active communauté du jeu vidéo. Le jeu peut par ailleurs être enregistré à partir des images de synthèse pour créer un machinima, qui laisse la possibilité de choisir les angles de caméra, et de réaliser ainsi un véritable film avec une esthétique cinématographique.

Super Mario Bros, éditeur : Nintendo, 1986 © Nintendo.

Dans l’exposition Game Story, vous avez choisi de rendre les jeux jouables. Le Grand Palais se transforme en véritable salle de jeux. On est loin des principes de la conservation en vigueur dans les musées…

Dans le jeu vidéo, l’expérience matérielle est primordiale. Jouer à la manette, ça n’est pas jouer au clavier, assis ou debout, etc. La délectation dans le jeu vidéo se fait seulement dans la pratique, dans le fonctionnement. La pratique signifie aussi conserver la mémoire du corps, des gestes que ceux de moins de quarante ans ont connu dès leur plus jeune âge, et reconnaissent facilement. Ce que l’approche muséale apporte en plus, c’est le savoir, ici indispensable, puisque c’est aussi une exposition historique.

Assassins Creed, éditeur : Ubisoft, 2007 © Ubisoft.

Comment envisager un musée du jeu vidéo ?

Depuis 1994, la Bibliothèque nationale de France, via le dépôt légal, a pour mission de collectionner le jeu vidéo, mais ça n’est pas suffisant. Il manque une infrastructure autonome, menée par des spécialistes du patrimoine, et pas par des gamers, trop passionnés par leur objet d’étude. Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand en a parlé, mais plutôt dans l’idée d’un lieu consacré aux jeux vidéo récents. Il faudra en tout cas que ce musée soit « jouable ». On pourrait en faire, de manière plus large, un lieu dédié aux nouveaux imaginaires, qui sont liés à notre société du divertissement et des médias, à l’importance de notre consommation des cultures populaires, aux connexions avec l’heroic fantasy, la science-fiction, etc…
Par ailleurs, le jeu vidéo au musée pourrait permettre de décupler l’expérience du visiteur. Par exemple, au musée des arts asiatiques Guimet, où je suis conservateur, on pourrait faire vivre au visiteur l’expérience de la danse indienne, fondamentale dans la compréhension de la statuaire, en utilisant le jeu Kinect, qui permet la reconnaissance des mouvements du corps. Il faut faire entrer le jeu vidéo au musée !

Propos recueillis par Magali Lesauvage.

GAME STORY

10/11/2011 > 10/01/2012

Galeries nationales du Grand Palais

PARIS

Apparu au début des années 1970, le jeu vidéo est un média jeune qui n’a cessé d’évoluer et de se perfectionner jusqu’à devenir...

Exposition terminée
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