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A Paris Photo, l’hommage troublant à Edouard Levé

Magali Lesauvage 10 novembre 2011

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Mises à l’honneur de manière magistrale sur le stand de la galerie Loevenbruck, à Paris Photo, les images d’Edouard Levé, disparu il y a quatre ans, imposent encore leurs subtils déplacements. L’un des points forts d’une foire de grande qualité.

Édouard Levé, Rugby, Sans titre, 2002. Courtesy Succession Edouard Levé/galerie Loevenbruck, Paris.

Edouard Levé est décédé il y a quatre ans, le 15 octobre 2007. Dix jours avant de se donner la mort, il déposait chez son éditeur, P.O.L., un manuscrit, Suicide. Ecrivain et artiste à l’intelligence aussi fine que son inspiration était noire, Edouard Levé bénéficie cette semaine d’un formidable coup de projecteur à Paris Photo, au Grand Palais.

C’est sur le stand de son galeriste et ami Hervé Loevenbruck, dès l’entrée de la foire, qu’explose le talent de Levé. Dans ses scènes de corps-à-corps mimétiques en habits stricts, que ce soit dans les séries Pornographie, ou Rugby, toutes deux datées de 2002, ou dans les Fictions (2006), Edouard Levé révèle l’absurdité des rapports humains lorsqu’ils sont « dirigés ». La perte de la spontanéité, rendue par le formalisme du vêtement et le sérieux des expressions, confère à ces scènes une étrangeté à la fois comique et pathétique. Dans les Pornographies, l’invisibilité des corps, paradoxalement, n’enlève rien à l’obscénité des scènes, l’imagination faisant son travail de reconstitution.

Edouard Levé dédoublait la vie. C’est l’homonymie qui lui permet de réaliser la série Amérique, photographies de villes aux noms identiques à ceux de villes européennes. Le continent originel fantasmé se retrouve, tel un rêve, dans ces lieux nouveaux, tandis que le nom impose un état d’esprit, un état d’âme. C’est ce que révèlent les deux photographies du village d’Angoisse (2000), qui ponctuent l’exposition : les mots, même détachés de leur objet d’origine, gardent un sens, une présence. Celle, subtile, d’Edouard Levé donne à Paris Photo, cette année, un éclat d’une belle noirceur.

PARIS PHOTO

09/11/2011 > 13/11/2011

Nef du Grand Palais

PARIS

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