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La Piscine à Roubaix : un « effet Bilbao » à la française ?

Magali Lesauvage 8 novembre 2011

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Bilbao a son musée Guggenheim, Metz a le Centre Pompidou-Metz, Lens aura bientôt (en 2012), son Louvre-Lens. Roubaix, depuis dix ans, a la Piscine. Grâce à celle-ci, la ville du Nord a-t-elle, elle aussi, bénéficié de ce que l’on a nommé « l’effet Bilbao », boost phénoménal que de nombreuses institutions cherchent aujourd’hui à reproduire ? Comparaison de deux cas incomparables.

Vue intérieure de la Piscine, Roubaix. © Camster2.

On a évoqué, au sujet de la franchise américaine installée en terre basque, un « effet Bilbao » : revalorisation d’une région en crise, afflux de touristes (et donc d’argent), dynamisation de l’emploi… Ces effets positifs sont le résultat d’un pari risqué lancé par la région de Biscaye en 1991, au lendemain d’une décennie désastreuse pour l’économie basque. Si l’inauguration du musée Guggenheim, en 1997, n’est pas le facteur principal du sursaut qu’a connu depuis une quinzaine d’années l’Euskadi, porté par un renouveau industriel sans précédent, l’impressionnante fleur de titane dessinée par l’architecte Frank Gehry est un somptueux bijou qui fait rayonner l’aura de Bilbao aux quatre coins du monde.

Peut-on comparer le Guggenheim de Bilbao et la Piscine à Roubaix ? Une succursale internationale, installée dans une architecture spectaculaire bâtie ex nihilo et considérée comme une véritable œuvre d’art en soi, et un musée régional aménagé dans une ancienne piscine municipale datant du début du XXe siècle ? Allons-y, comparons.

Passé en crise

Les points communs d’abord. Tous deux sont situés loin de leur capitale, dans des régions à l’identité forte – mais l’Espagne est beaucoup moins centralisée que la France, et la situation politique du Pays basque, communauté autonome, en fait un cas à part. En commun également, un contexte économique difficile, à l’origine, dans ces deux villes industrielles : aux chantiers navals et aux mines désertés de Bilbao font écho les usines textiles délocalisées de Roubaix.

Mais si la cité nordiste reste l’une des plus pauvres de France, la ville basque est aujourd’hui l’une des plus riches d’Espagne, grâce notamment à un virage décisif vers le secteur technologique. Cette dernière bénéficie par ailleurs de sa position sur le trajet du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, tandis que Roubaix fait partie de la communauté urbaine ultra-dynamique de Lille Métropole. Chacune à leur manière, Bilbao et Roubaix ont misé sur la culture, non seulement pour trouver un sursaut économique, mais aussi pour faire mentir leur image de cités ternes, hors des circuits touristiques.

Vue extérieure du musée Guggenheim, Bilbao. © Phillip Maiwald (Nikopol).

Échelles variables

Les différences sont plus visibles que les points communs. A Bilbao, l’architecture bluffante signée de la « starchitecte » internationale Frank Gehry a été récemment désignée par un collège d’architectes comme la réalisation la plus importante des trente dernières années. L’enveloppe du musée Guggenheim, plus encore que ses collections, est ce qui attire les touristes du monde entier (près d’un million par an, dont une grande majorité d’étrangers).

À Roubaix, l’ancien équipement municipal, achevé en 1932, témoigne d’un âge d’or de l’architecture, à la fois utilitaire et décorative. Lieu voué dès le départ à être un creuset de mixité sociale, la Piscine, musée d’art et d’industrie, mise depuis dix ans sur la pluridisciplinarité, conviant danse et musique dans ses espaces où se croisent des catégories sociales très diverses. Attirant environ 200.000 visiteurs par an, l’institution roubaisienne réussit à concilier une image de lieu populaire et de culture, auquel est très attachée la population locale – ce dont témoigne la présence, dans la « galerie des Illustres » du musée, du buste de Marie-Jeanne, ancienne ouvrière de l’industrie textile reconvertie en employée du musée, et véritable mascotte.

Kai Teichert, Buste de Marie-Jeanne, 2009, Roubaix, La Piscine. © Alain Leprince.

La tradition industrielle et artisanale de Roubaix se retrouve dans les collections de la Piscine, où les arts décoratifs, et la mode en particulier, sont très présents. Les chefs-d’œuvre sont rares – hormis notamment quelques sculptures de Camille Claudel. À Bilbao, la maison-mère Guggenheim assure un roulement d’œuvres de grand standing (surtout de l’art moderne américain), tandis que l’installation permanente de Richard Serra, The Matter of Time, une série de sculptures métalliques monumentales déployée dans une aile du musée, vaut à elle seule le détour par le Pays basque. Les expos qui y sont organisées sont celles que l’on retrouve dans les antennes de New York, Venise ou Berlin, des manifestations blockbusters qui drainent un vaste public. À Roubaix, on est évidemment plus modeste, en mixant les rétrospectives de grands noms de l’art (Picasso, Chagall, Dufy, Degas…), les découvertes (Robert De Niro Sr., Jane Poupelet…), et les noms de la mode (Agatha Ruiz de la Prada).

Entre Bilbao et Roubaix, on pointe des différences majeures, mais aussi des situations comparables. Et surtout un constat : miser sur la culture quand on n’a plus que ça, ça marche.

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