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What you see is what you hear… peinture et musique au XXe siècle

Magali Lesauvage 31 octobre 2011

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Paul Klee, artiste majeur du début du XXe siècle, fut musicien (violoniste), autant qu’il fut peintre. Pluridisciplinaire et transversale, l’exposition Paul Klee Polyphonies à la Cité de la Musique permet au visiteur, casque sur les oreilles, d’éprouver un plaisir rare, celui de la synesthésie : l’œil contemple des œuvres abstraites du début du XXe siècle, tandis que l’oreille écoute des fugues de Bach, des lieder de Schönberg ou des suites de Bartók. Plongée en trois temps dans les riches correspondances entre peinture et musique au XXe siècle.

Klee et Bach : la polyphonie

C’est à partir du modèle des compositions de Jean-Sébastien Bach, dont il joue les sonates pour violon solo, que Paul Klee met au point le concept de polyphonie en peinture. Celui-ci rejoint l’idée d’une pluralité présente en toute chose : « La simultanéité de plusieurs thèmes indépendants constitue une réalité qui n’existe pas uniquement en musique, mais qui trouve son fondement et ses racines dans n’importe quel phénomène, partout », écrit-il.

Pour les artistes des années 1910-1920, la musique de Bach équivaut à un certain « retour à l’ordre » et à une ligne claire, en opposition au post-romantisme de Wagner et aux afféteries du symbolisme de Debussy.

Afin d’expliciter la notion de simultanéité spatiale en peinture, équivalente selon lui aux entrelacements harmoniques de Bach, Klee évoque « les images reflétées sur les vitres latérales d’un tramway en marche » : couleur et vitesse, temps et espace se lient en une seule et même image.

Ecouter un extrait de la Suite n°2 en ré mineur (Courante) pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach :
[audio:http://www.exponaute.com/magazine/wp-content/uploads/2011/10/1-09-Suite-N%C2%B02-En-R%C3%A9-Mineur-BWV-1008-Courante.mp3.mp3]

Paul Klee, Fugue en rouge, 1921, Suisse, collection privée, en dépôt au Zentrum Paul Klee, Berne © Peter Lauri, Berne / ABMT, Universität Basel.

Franz Marc et Wagner : l’expressionnisme

Si le peintre Franz Marc est un grand amateur de Mozart, comme le sont ses compagnons du mouvement expressionniste allemand Der Blaue Reiter, on peut voir dans l’œuvre de l’artiste un rapport à l’abstraction lyrique de certaines pièces de Richard Wagner, antérieures d’un demi-siècle.

Ainsi dans l’ouverture de l’acte I de Tristan et Isolde perçoit-on la superposition progressive de textures sonores jaillissant les unes des autres. A comparer, dans la peinture des artistes du Blaue Reiter, avec la suggestion, par gestes plus ou moins calculés, de pures sensations colorées éclosant les unes des autres. Peinture et musique se muent chacune à leur manière en formes d’expression abstraites, absolues.

Ecouter un extrait de Tristan et Isolde de Richard Wagner, Acte I, Ouverture :
[audio:http://www.exponaute.com/magazine/wp-content/uploads/2011/10/wagner.mp3|titles=wagner]

Franz Marc, Petite composition 1, 1913, Suisse, collection privée, en dépôt au Zentrum Paul Klee, Berne © Peter Lauri, Berne / ABMT, Universität Basel.

Kandinsky et Debussy : le spirituel dans l’art

Auteur, selon les exégètes de l’art moderne, de la première œuvre abstraite (en 1910), Kandinsky n’en reste pas moins très attaché au XIXe siècle, et en particulier au symbolisme à partir duquel il élabore sa réflexion sur le spirituel dans l’art.

Proche de la démarche musicale dans sa manière même de composer ses toiles abstraites (qu’il nomme « Impressions », « Compositions » ou « Improvisations »), le Russe ne quitte que très progressivement la peinture figurative, et toute la fantasmagorie slave qu’elle illustre, avec ses cavaliers, ses monstres et ses princesses éplorées.

Pelléas et Mélisande, opéra de Claude Debussy daté de 1902, inspiré de la pièce très symboliste de Maurice Maeterlinck, illustre dans le registre musical cette transition entre XIXe et XXe siècles. Le compositeur a voulu faire ressentir une sensation de flux sonore, dont on retrouve l’intensité dans la peinture de Kandinsky : « J’ai voulu que l’action ne s’arrêtât jamais, qu’elle fût continue, ininterrompue », déclare Debussy.

Ecouter un extrait de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy :
[audio:http://www.exponaute.com/magazine/wp-content/uploads/2011/10/1-02-Pell%C3%A9as-et-M%C3%A9lisande-Acte-1-2.-Je-ne-pourrai-plus-sortir-de-cette-for%C3%AAt.mp3]

Vassily Kandinsky, Double sonorité, 1928, Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle, legs de Nina Kandinsky en 1981.

PAUL KLEE

18/10/2011 > 15/01/2012

Philharmonie - Cité de la Musique / Musée de la musique

PARIS

Avec Paul Klee Polyphonies, le Musée de la musique présente sa première exposition monographique consacrée à l’œuvre d’un peintre....

Exposition terminée
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