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Retour vers le futur à la maison rouge

Aurélie Laurière 28 octobre 2011

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Réunir Dürer et Damien Hirst dans un seul et même parcours ? Un pont au-dessus de 500 ans d’Histoire de l’art que n’hésite pas à nous faire franchir la maison rouge qui présente, jusqu’au 15 janvier prochain, une exposition intitulée Mémoires du futur.

Poursuivant sa ligne directrice, la fondation accueille cette fois la collection privée de Thomas Olbricht. Guidé par sa seule passion, cet amateur d’art insatiable a constitué une collection on ne peut plus éclectique qui réunit des pièces aux médiums les plus variés, s’étendant du XVIe siècle à nos jours. Comment un tel ensemble s’expose-t-il ? Réponse (partielle) en quatre dimensions.

Albrecht Dürer, Le Chevalier, le Diable et la Mort, gravure, 24,2 x 18,6 cm.

Le lien le plus fort entre toutes ces œuvres est incontestablement la personnalité de celui qui les a choisies. Les thématiques renvoient ici à des obsessions profondes qui dictent au collectionneur ses acquisitions. Né en 1948 de l’autre côté du Rhin, Thomas Olbricht est médecin de profession, une précision tout sauf anecdotique. La mort, la vanité, la foi, le corps et ses humeurs, la maladie sont en effet des thèmes qui déterminent sa collection. Son intérêt pour la science l’a d’ailleurs conduit à constituer un cabinet de curiosités…

Blick in die Wunderkammer 15 © me Collectors Room Berlin, Photo Bernd Borchardt.

Pas de sujet plus intemporel et universel que celui de la vie et de la mort. Le ciment qui assure la cohésion de la collection Olbricht est également d’ordre thématique. Il est étonnant de constater à quel point la vanité et la foi sont traitées, malgré leurs différences de support, de manière relativement proche au fil des époques. Du XVIe siècle à aujourd’hui, représentations du Christ et crânes peuplent les œuvres présentées, avec, pour principe, l’éternelle dualité entre la vie et la mort, la présence et l’absence.

Damien Hirst, Skull and Knives, 2005, oil and acrylic on canvas, © VG Bildkunst, Bonn.

On l’a compris, en parallèle de sa collection historique, Thomas Olbricht a réuni, depuis une vingtaine d’années, un ensemble d’art contemporain. Hétérogène lui aussi, il confronte des artistes reconnus par le marché (Damien Hirst, Jake et Dinos Chapman, Gerhard Richter, David LaChapelle, Cindy Sherman…) à de jeunes inconnus. Figuratifs et narratifs souvent, postmodernes toujours, ces nouveaux venus n’hésitent pas à se mesurer aux maîtres des temps passés. Le lien est ici une référence consciente, directe et immédiatement repérable que l’accrochage par paires vient mettre en valeur.

Discrète, pour ne pas dire minimaliste, la scénographie assure une présentation cohérente de la collection Olbricht. A l’entrée de l’exposition, un court texte pose des questions sans y répondre. Ce sera tout. C’est donc au visiteur de trouver le sens de l’exposition. Dans le premier couloir, à gauche, des vanités des XVIe et XVIIe siècles ; à droite, une série de photographies de Nicholas Nixon qui fait défiler la vie de quatre sœurs sur plus de 40 ans et qui en ausculte le vieillissement.  Dans les salles suivantes –  blanches, grises ou noires –, œuvres anciennes et contemporaines jouent l’alternance dans une atmosphère quasi religieuse. Au premier coup d’œil, une toile du XVIe siècle, dissimulée dans un ensemble contemporain, peut même nous échapper… C’est dire.

MÉMOIRES DU FUTUR

22/10/2011 > 15/01/2012

La maison rouge

PARIS

Présentations croisées des collections de Thomas Olbricht et d’Antoine de Galbert. Alors que Thomas Olbricht, collectionneur allemand...

Exposition terminée
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