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Occupy Wall Street : quand les artistes expriment leur colère

Magali Lesauvage 26 octobre 2011

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Sur Twitter, comme sur une grande partie des réseaux sociaux, le mouvement new-yorkais Occupy Wall Street a été diffusé, discuté, amplifié – au point que l’URL dépasse l’IRL, comme ce fut le cas pour les Indignés, en France, où Internet fut une chambre d’écho pour un mouvement qui est resté, il faut bien le dire, modeste. Sauf qu’à New York, il y a des peoples plus influents que partout ailleurs – Kanye West, Alec Baldwin, Susan Sarandon, Michael Moore… –, qui sont venus lui donner un vernis glam.

Les tracts et autres publications do it yourself ont rapidement fleuri. L’art aussi. Comme toujours lorsqu’il s’agit de relayer artistiquement un événement politique, c’est un peu pour le meilleur, et surtout pour le pire. On a retenu de la révolution de 1830 La Liberté guidant le peuple de Delacroix, avec sa Marianne-Madone poitrine nue, mais combien d’œuvres médiocres inspirées du même événement ont été reléguées aux oubliettes de l’art ? L’Histoire (de l’art) fait son tri, et, malgré quelques injustices que le temps parfois vient réparer, c’est tant mieux.

Affiche de l’exposition No Comment au 23 Wall Street, New York.

Quand il s’agit de faits et phénomènes contemporains, on a le droit à tout. A New York, où la tchatche est un art de vivre, c’est la spoken poetry, poésie orale, qui a pris le dessus, performée lors de séances live, puis archivée dans une bibliothèque installée à Zuccotti Park, centre névralgique du mouvement Occupy Wall Street, dans le sud de Manhattan. De fait, les mots sont devenus œuvres. Apparus sur les panneaux brandis devant les caméras et appareils photo de la presse, ils se retrouvent sur Internet, postés à partir des webcams des insurgés. Les graphistes ont rapidement récupéré le flot de mots pour produire T-shirts, affiches, flyers et même livres auto-publiés, à partir d’un stand dédié spécialement à l’impression.

Zucotti Park, New York, le 30 septembre 2011. Photo : David Shankbone.

Les Street Artists s’en donnent également à cœur joie, et les groupes folk de Washington Square, dans le Greenwich Village (autrefois) hippie, ont descendu quelques blocks pour chanter à Wall Street, terre du capitalisme. Une exposition, No Comment, a eu lieu pendant une journée au 23 Wall Street dans un esprit très potache (voir les images sur FlickR), et des pièces de théâtre sont créées. A voir ce vendredi au Joe’s Pub, une pièce écrite par la compagnie The Civilians à partir de cinquante conversations sélectionnées parmi les centaines de débats qui ont lieu depuis un peu plus d’un mois à Zuccotti Park.

« Ces projets vont-ils impulser à l’Amérique sa prochaine vague d’inspiration ? Ou sont-ils simplement l’expression d’une colère ? », s’interroge Pia Catton, du Wall Street Journal. Toute manifestation d’une expression ne fait pas forcément œuvre d’art. Mais ça fait toujours du bien.

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