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Exposer le cinéma : mission impossible ?

Magali Lesauvage 19 octobre 2011

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Exposer l’image en mouvement, comment répondre à cette gageure ? N’y a-t-il pas de contradiction plus flagrante que celle d’un « musée du cinéma », une institution patrimoniale ayant pour missions la préservation et la présentation d’objets immuables, inamovibles, immobiles ? A l’occasion de l’exposition Metropolis à la Cinémathèque, analyse d’un paradoxe.

La muséification, pour certains, n’est pas une bonne chose : une œuvre placée sous cloche au musée prend immédiatement une désagréable odeur de naphtaline, un artiste muséifié est un artiste mort. Quand il s’agit d’un art lié à la notion de temps, comme le cinéma – ou les arts vivants, voir l’initiative de Boris Charmatz au Centre chorégraphique national de Rennes, rebaptisé « Musée de la Danse » –, l’enjeu est d’autant plus complexe : comment rendre vivantes des œuvres qui ne sont perceptibles que dans le temps ? Art qui implique la participation de nombreux protagonistes – du producteur à l’attaché de presse, en passant par le réalisateur, les acteurs, monteurs, etc. –, le cinéma est par essence insaisissable, éphémère. Inexposable.

Musée de cinéma

La Cinémathèque française, à Paris, n’est pas qu’un multiplex de cinémas, doté d’une programmation exigeante. C’est aussi un musée du cinéma. Ce qui implique que ce qui est donné à voir, dans les collections permanentes ou les expositions temporaires – récemment Brune / Blonde, Kubrick ou actuellement Metropolis –, ce ne sont pas seulement les films eux-mêmes, mais aussi l’infinité de matériaux qui précèdent, constituent et prolongent leur production : scripts, caméras, costumes, affiches, etc.

Centré sur les origines du cinéma et son invention par les frères Louis et Auguste Lumière, l’Institut Lumière, à Lyon, est lui aussi exemplaire. On y trouve le premier cinématographe de l’Histoire, daté de 1895, mais aussi toute une variété de prototypes d’appareils de projection, ou encore la reconstitution de la toute première séance publique de cinéma (à la date du 28 décembre 1895). Véritable temple qui ravira les geeks de la technique cinématographique et autres fétichistes de la pellicule, l’Institut Lumière est non seulement un musée du cinéma, mais aussi ce que Dominique Païni, directeur de la Cinémathèque française de 1993 à 2000, nomme un musée de cinéma, c’est-à-dire composé des matières mêmes qui permettent la fabrication d’une œuvre du septième art.

L’expo Metropolis illustre ce concept muséographique : on y trouve une flopée de dessins préparatoires, photos de tournages, études sculptées, ainsi que Maria, la fameuse femme-robot dessinée par Walter Schultze-Mittendorf pour le film de Fritz Lang. On y découvre également les études pour des scènes non réalisées, car trop coûteuses. L’exposition Kubrick montrait elle aussi les projets avortés du réalisateur – le cinéma, comme l’architecture, est un art « iceberg », qui maintient immergée une infinité d’œuvres dont l’existence ne survit que sur le papier. Et qui sont donc facilement exposables.

Le cinéma mis à nu

Découpée selon les séquences du film, Metropolis laisse le spectateur sur sa faim – on n’a qu’une envie à la sortie de l’exposition, aller voir le film, ce qui est sans doute aussi le but de la manifestation, centrée autour d’une rétrospective Fritz Lang. Car exposer le cinéma implique de jouer sur la frustration du spectateur. Animée par des projections lumineuses, la statue de Maria n’en reste pas moins inanimée… Comment, alors, montrer le cinéma en dehors de la salle obscure ? Pourrait-on imaginer un parcours égrenant des toiles sur lesquelles soient projetés les grands films de l’Histoire ? On se souvient de l’exposition Traces au Palais de Tokyo début 2011, qui utilisait les parois brutes du bâtiment en chantier comme toiles de fond du cinéma d’Amos Gitaï. Une incursion émouvante, mais seulement partielle, dans l’univers du cinéaste.

Pour Dominique Païni, le parti pris est tranché : « Une exposition de cinéma est un non-sens car le cinéma ne s’expose qu’en tant que le film est projeté dans une salle. L’exposition est une extension ». Celui qui fut l’un des commissaires de Hitchcock et l’art, remarquable manifestation organisée au Centre Pompidou en 2001, envisage le cinéma comme une somme d’objets qui prolongent le film. Objet de désirs, le cinéma ne peut s’exposer que démembré, à nu. Permettant ainsi à chacun de se faire son film.

METROPOLIS

19/10/2011 > 29/01/2012

La Cinémathèque française

PARIS

L’exposition sur Metropolis de Fritz Lang (1927), l’un des films muets les plus célèbres de l’histoire du cinéma, a été conçue...

Exposition terminée
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